Le 1er juin, le quotidien The Kyiv Post publiait dans ses pages une publicité de AllOut.org exhortant le président Victor Yanukovych à se prononcer contre la loi 8711, une loi «anti-propagande gay» qui sera voté d’ici 2 semaines. Comme celles adoptées en Russie, cette loi vise à protéger la jeunesse et les valeurs familiales, et risque par la même occasion d’exacerber une homophobie déjà très prégnante dans la société ukrainienne et de donner un sentiment d’impunité aux auteurs d’agression à l’encontre des LGBT.

UN SUJET TABOU
Même si l’homosexualité n’est plus illégale depuis 1991, elle reste un tabou pour une grande partie de la population ukrainienne. «Dans cette société où l’homosexualité reste un sujet qu’on n’aborde pas, les rares tentatives des militant-e-s et des chercheurs-euses pour rendre la communauté LGBT visible et reconnue dans le débat public sont cruciales pour éliminer les inégalités» explique un militant ukrainien interviewé par GayStarNews. Le 20 mai dernier, la première gay pride qui devait se tenir à Kiev a été annulée et des militante-s LGBT violemment attaqués par des contre-manifestants.

Cette marche, à l’approche de l’Euro 2012, devait aussi alerter l’Europe des violations des droits humains dont est victime une partie de la population. Pour Svyatoslav Sheremet, le militant tabassé par des extrémistes lors de la gay pride: «ceux qui attaquent les gays sont souvent les mêmes militants d’extrême-droite qui attaquent les étrangers et les personnes de couleur. Ce problème doit être mis entre les mains du gouvernement», a-t-il déclaré au Kyiv Post. Pour lui, il est clair que les LGBT font partie d’un ensemble de minorités stigmatisées par une frange très conservatrice de la population.

LE BOYCOTT DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS
Alors que le championnat d’Europe des nations débute le 8 juin (la France jouera son 1er match lundi 11, contre l’Angleterre), le gouvernement ukrainien se voit pointé du doigt à cause de ses manquements au respect des droits humains. Récemment, les militantes féministes de l’association Femen ont d’ailleurs multiplié les happenings pour alerter sur le danger que représentent les compétitions sportives internationales dans le développement des réseaux illégaux de prostitution. Aujourd’hui, plusieurs gouvernements européens, dont la France, ont fait part de leur intention de boycotter les matches, principalement au regard de la détention de l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko. Une décision qui ne passe pas pour le gouvernement ukrainien.

Signer la pétition d’AllOut.org.