«L’île de la Réunion ne veut pas être exclue de ce débat qui anime aujourd’hui la plupart des sociétés modernes. Nos associations souhaitent connaître le point de vue des candidat-e-s qui se présentent à la députation pour aider tou-te-s nos concitoyen-ne-s à comprendre les enjeux d’un projet qui donnera, nous l’espérons, le droit à l’égalité pour tou-te-s, quelles que soient leur identité de genre, leur orientation sexuelle ou leur situation familiale», écrivent les représentants du Refuge, de SOS homophobie, de l’Association réunionnaise pour la prévention du sida (ARPS), de Rive et de LGBT Réunion dans le courrier qui a été envoyé aux candidat-e-s qui se présentent aux élections législatives à La Réunion.

Sur la vingtaine de candidat-e-s sollicité-e-s, 5 ont répondu.

«À titre personnel, en tant que candidat aux élections législatives, je suis favorable bien entendu et si je suis élu je voterai sans hésitation la loi qu’à promis le Président de la république, répond Jean Alain Cadet, secrétaire régional Europe Écologie Les Verts Réunion et candidat dans la 3e circonscription. Il est temps pour notre société de cesser les discriminations et nous savons qu’une loi ne sera pas suffisante. Il convient de changer les mentalités, d’expliquer au plus grand nombre les principes fondamentaux de notre république (Liberté, Égalité, Fraternité). La parole des responsables politiques est extrêmement importante pour les populations et chacun doit prendre ses responsabilités et affirmer SA position afin de lever toute ambiguïté.»

Trois candidat-e-s du Parti socialiste rappellent l’attachement de leur parti à l’égalité des droits (Laurence Lougnon dans la 2e circonscription, Jean-Claude Fruteau dans la 5e et Jean-Marie Lasson dans la 7e).

Enfin, dans la 1e circonscription, Nassimah Dindar (MoDem) et son suppléant Michel Lagourgue sont favorables «à une union civile permettant aux couples homosexuels d’avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs que ceux résultant du mariage, écrit Michel Lagourgue. L’adoption fait bien sûr partie de ces droits et, d’ailleurs aujourd’hui un homosexuel peut adopter puisqu’un célibataire peut le faire et qu’il résulte de la jurisprudence que le critère de l’orientation sexuelle ne saurait en lui seul constituer un obstacle».

[mise à jour, 7 juin, 12h11] Les réponses de deux candidats du Front de Gauche, Jean-Hugues Savigny (7e circonscription) et Pascal Basse (3e circonscription), sont venues s’ajouter à celles précédemment reçues.

«À titre personnel, je ne suis ni opposé au mariage ni à l’adoption par des personnes de même sexe, écrit le Jean-Hugues Savigny. Le premier et le second étant des actes qui comportent un tel engagement que ceux ou celles qui les envisagent ne le font pas à la légère mais animé-e-s par des fortes aspirations de leur intime donc de leur liberté de conscience. Je pense que mes camarades pensent également comme moi. Nous n’avons pas débattu de ces sujets localement mais je sais que ces questions font l’objet d’ateliers au cours de notre remue-méninges d’août.» «Nous sommes pour l’égalité des droits», confirme Pascal Basse.