La nouvelle ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, était l’invitée de France Info ce matin, en ce 17 mai, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Après avoir souligné que si une bonne partie des nouveaux membres du gouvernement y viennent pour la première fois, tou-te-s ont exercé des responsabilités à d’autres niveaux, comme elle à la tête du IVe arrondissement de Paris, elle a répondu aux questions de Raphaëlle Duchemin sur les gros dossiers dont elle sera chargée: allocation de rentrée scolaire, petite enfance mais aussi l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur « Chaque type de famille doit avoir les mêmes droits » (Dominique Bertinotti)

«Aujourd’hui il faut trouver les mesures qui permettent de résoudre la crise et d’alléger les difficultés que connaissent nombre de familles. (…) C’est un des dossiers mais pas le seul. Je voudrais aussi citer le fait qu’un des 60 engagements porte sur le mariage homosexuel et l’adoption par des couples…» «Ça aussi, c’est la définition, finalement, de ce qu’est une famille», l’interrompt la journaliste.

«Absolument, reprend Dominique Bertinotti. Parce qu’aujourd’hui on dit “la” famille, j’aurais volontiers envie de dire “les familles”. Les formes sont multiples, on passe des familles, on va dire classiques, aux familles recomposées, et aux familles monoparentales, homoparentales.

Et il faut que chacun de ces types de famille puisse trouver exactement les mêmes droits, le même regard aussi de la société sur des choix de vie qui sont tout à fait respectables, quels qu’ils soient.»

Une partie des Français-es est opposée à l’égalité des droits, rappelle Raphaëlle Duchemin. «Oui, mais justement, ça va être l’occasion d’expliquer. Vous savez, moi je suis dans un arrondissement où les familles homoparentales sont une réalité. Et on voit souvent ces familles homoparentales qui ont encore cette difficulté à pouvoir simplement dire ce qu’elles vivent.

Il y a souvent beaucoup d’amour, beaucoup d’affection, et je ne vois pas pourquoi il y aurait encore des discriminations en la matière.»

Une bonne entrée en matière pour celle qui succède à Claude Greff, qui elle en revanche ne saisissait pas du tout le concept de famille homoparentale: elle ne pouvait pas «citer les familles homoparentales parce que celles-ci n’existent pas légalement dans notre pays» (lire Claude Greff, secrétaire d’État de toutes les familles, sauf des familles homoparentales). Espérons tout de même que le vocabulaire de Dominique Bertinotti (et des journalistes) évoluera dans les prochains jours et que des expressions comme «mariage homosexuel» ou «choix de vie» n’y trouveront plus place.