L’Ilga-Europe a dévoilé hier son premier Rapport annuel des Droits Humains sur la situation des LGBTI en Europe 2011. Ce document de 180 pages a été synthétisé sous la forme d’une carte et d’un tableau comparatif qui permettent d’avoir un aperçu complet de la situation des LGBTI et de leurs droits en matière de législation dans chacun des 47 pays du Conseil de l’Europe ainsi qu’en Biélorussie et au Kosovo (mais pas au Vatican).

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42 CRITÈRES
Par un système de points, les pays ont été évalués sur leur capacité à respecter les droits des personnes LGBTI. La meilleure note possible est un score de 30 points, tandis qu’un pays discriminant et violant les principes d’égalité et les droits fondamentaux des LGBTI peut chuter jusqu’à -12 points. Les notes sont attribuées en fonction de 42 critères, répartis en 6 catégories: «Droit d’asile», «Égalité et non-discrimination», «Violences et propos discriminatoires», «Famille», «Liberté d’association, d’assemblée et d’expression» et «Reconnaissance de l’identité de genre».

TÊTES DE CLASSEMENT
Sur la première marche du podium, le Royaume-Uni avec 21 points, suivi de l’Allemagne, le seul pays ayant adopté une loi interdisant les discriminations à l’encontre des personnes intersexuées, et l’Espagne, un des rares pays à accorder le droit d’asile en raison de l’identité de genre. Elles atteignent ex æquo 20 points. Viennent ensuite la Suède (18 points) et la Belgique (17 points).

UN RETARD FLAGRANT
Loin derrière, la France atteint 6 points et se place au même rang que la Bulgarie, la Roumanie, l’Albanie et la Serbie, juste derrière la Suisse (6,5 points) et juste avant la Bosnie-Herzégovine (5 points). Si elle cumule peu de malus, elle peine en revanche à gagner des points. Sur la carte du Rapport, la position de la France apparaît comme préoccupante: si l’ensemble des Pays de l’Ouest et du Nord de l’Europe sont en verts foncés (formant ainsi une diagonale de la Finlande au Portugal), la France, en raison de son faible score, se retrouve en vert pâle. Le retard législatif de la France et l’écart creusé avec bon nombre de ses voisins deviennent alors flagrants.

DANS LE ROUGE
Une dizaine de pays obtiennent un score inférieur à zéro: la Biélorussie et le Liechtenstein (-1 point), Monaco, San Marino et la Turquie (-3 points), l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Macédoine et l’Ukraine (-4 points) et enfin la Moldavie et la Russie, qui arrivent en dernière place du classement (-4,5 points). Aucun de ces pays ne dispose de lois condamnant les discriminations faites aux LGBTI.

«PAS UN SEUL PAYS NE PEUT PRÉTENDRE A LA PLEINE ÉGALITÉ»
Point commun à une large majorité de pays, même ceux obtenant des scores encourageants: les droits des personnes trans’ sont encore très peu reconnus. Dans de très nombreuses législations, plusieurs obligations subsistent, telles que la stérilisation forcée en cas de réassignation, ainsi que l’intervention chirurgicale, ou encore le diagnostic médical et/ou psychologique avant de débuter une transition. De plus, seuls 8 États ont inscrit l’égalité dans leur Constitution.

À l’Ilga-Europe, on espère que ces nouveaux documents permettront de faire progresser toutes les législations concernant les droits humains: «L’égalité reconnue n’est qu’un pas vers la pleine inclusion sociale, affirme Évelyne Paradis, directrice exécutive de l’ILGA-Europe. Et même ici, nous voyons de grandes différences et de grand écarts à travers l’Europe – pas un seul pays ne peut prétendre à la pleine égalité, encore moins à l’égalité sociale. Ainsi nous espérons que notre Rapport annuel donnera une base pour partager les bonnes pratiques et encourager le dialogue entre les États et la société civile LGBTI.»

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Launch video Annual Review 2011

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Télécharger la carte et le tableau de synthèse du rapport.