Entrée en vigueur le 30 mars, la loi de Saint-Pétersbourg interdisant la «propagande homosexuelle» a déjà fait l’objet de procès, mais jusqu’ici, aucune condamnation n’avait été prononcée (lire Loi anti-gay à Saint-Pétersbourg: les premiers procès révèlent une loi «inapplicable» et «hors de propos»).

Ce matin, vendredi 4 mai, la loi a été appliquée pour la première fois, à Nikolai Alekseev, le fondateur de l’association GayRussia et l’organisateur des Moscow Prides. Un tribunal municipal de Saint-Pétersbourg l’a condamné à une amende de 5000 roubles (130 euros), le maximum prévu par la loi, pour avoir brandi une pancarte proclamant que «l’homosexualité n’est pas une perversion» le 12 avril devant l’Institut Smolny.

Des lois similaires existent également dans les régions de Ryazan, de l’Arkhangelsk et de Kostroma – deux activistes de GayRussia,Nikolai Baev et Irina Fedotova-Fet ont saisi la Cour européenne des droits de l’Homme et le Comité des droits de l’Homme de l’Onu d’une plainte contre la loi de Ryazan –, et un projet de texte a été déposé au niveau national (lire Russie: Une proposition de loi pour interdire la «propagande homosexuelle» au niveau national).

Nikolai Alekseev a indiqué son intention de faire appel de cette décision. Cette sanction intervient 3 jours après l’arrestation de 17 militant-e-s LGBT à Saint-Pétersbourg, lors des défilés du 1er-Mai (lire Saint-Pétersbourg: 17 militants LGBT interpellés lors du défilé du 1er-Mai). Ces activistes n’ont pas été accusé-e-s de propagande, il leur a «simplement» été reproché «l’usage de symboles non autorisés lors d’une manifestation publique tels que des drapeaux aux couleurs rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet» et d’avoir refusé d’obéir aux ordres de la police.

Photo GayRussia.Ru (Nikolai Alekseev le 12 avril devant l’Institut Smolny)

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