jeanette wintersonPresque 30 ans après Les Oranges ne sont pas le seul fruit (1985), Jeanette Winterson a à nouveau pris son enfance et sa mère tyrannique comme sujets de son dernier livre, Pourquoi être heureux quand on peut être normal? (éditions de l’Olivier).

«Se souvenir est un acte de création, à chaque fois différent, explique-t-elle à Libération. La mémoire n’est pas fixe, c’est une notion flottante, en mouvement. J’ai l’image d’une pièce avec des centaines de portes: j’en avais ouvert une avec les Oranges, j’en ouvre une autre ici. Plus le temps passe, plus les portes se multiplient. On accumule à travers l’expérience, la distance transforme les choses. Peut-être me faudra-t-il encore réécrire mon histoire dans trente ans.»

Sur son personnage: «Pourquoi être heureux reste une version de la réalité, ce n’est pas la réalité. Je préfère m’appréhender comme un personnage plutôt que comme un fait. Si je me lis comme un personnage, je peux me réinventer».

Sur sa mère adoptive: «Elle a existé, clairement. Mais pour lui survivre, lui rendre hommage et, plus tard, lui pardonner, j’ai dû la réinventer».

Sur la «littérature gay»: «La littérature gay a existé. Quand c’était nécessaire, socialement, d’être visible dans les rayons des librairies. Maintenant, il faudrait surtout parler des auteurs, sans se soucier de la question de l’orientation sexuelle ou du genre. Si on parle d’écrivains homosexuels, alors parlons d’écrivains hétérosexuels ! Il me semble que n’importe quel adjectif apposé au nom “écrivain” est une forme de restriction».

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Via Rustine.