Le 1er mai, opposants et partisans du régime de Vladimir Poutine ont manifesté à Saint-Pétersbourg. Une centaine de militant-e-s LGBT faisaient partie du cortège de la Marche démocratique organisée par des mouvements d’opposition au régime de l’actuel Président russe.

Peu avant que la manifestation ne se mette en marche, des policiers ont demandé aux militants LGBT de ranger leurs drapeaux arc-en-ciel et leurs banderoles aux messages anti-homophobie: «Les droits des LGBT sont des droits humains», «Ils viennent pour les gays aujourd’hui, ils viendront pour vous demain», ou encore «Choisir qui l’on aime est un droit pour tous». Un militant LGBT s’est notamment fait agressé par un homme tentant de détruire sa pancarte sur laquelle était inscrit: «Il y a 4% de chrétiens orthodoxes et 4% de personnes LGBT dans le monde. Minorités?». Pendant la marche, les forces de l’ordre ont interpellé 17 militants LGBT.

UN MILITANT RACONTE À YAGG LES INTERPELLATIONS
Yury Gavrikov
, militant de l’organisation Vychod raconte à Yagg comment se sont déroulées les interpellations: «Après discussions, nous avons décidé de baisser nos drapeaux et nos pancartes et de les rouler dans notre grande bannière (« Nous n’avons pas voté la discrimination », sur un fond rose) pour les lever ensuite en plein milieu de la manifestation. Je devais donner le signal mais quelqu’un a été plus rapide».

Durant la manifestation, ce sont d’abord dix manifestant-e-s qui ont été promptement emmené-e-s par les forces de police alors qu’ils avaient déployé des drapeaux arc-en-ciel. Plus tard, alors que le cortège était sur Konyushennaya ploshchad’, sept autres militant-e-s qui avaient montré leurs pancartes ont eux aussi été interpellé-e-s. «Tous les manifestant-e-s se sont arrêté-e-s en solidarité avec nous, bloquant ainsi toute une rue et scandant « Liberté, liberté »», poursuit Yury Gavrikov.

En écho aux précédentes arrestations, la police a affirmé que les personnes interpellées l’ont été en raison de leur refus d’obéir aux ordres, et non en vertu de la loi antipropagande homosexuelle en vigueur depuis le mois de mars. Selon l’organisation Vychod, les conditions de détention ont été brutales. Pour Polina Savchenko, de Vychod, il est clair que la mécanique enclenchée par l’adoption de cette loi est en marche: «Le fait que seuls des militants LGBT aient été arrêtés est la preuve que la loi fonctionne comme prévu, a-t-elle déclaré à The Advocate.com. Son but est d’arrêter toute activité publique en faveur des droits des LGBT. La police va utiliser la propagande comme argument pour arrêter ceux qui y participeront.»

Les 17 militants ont finalement été relâché-e-s hier soir vers 20 heures. Il leur est reproché «l’usage de symboles non autorisés lors d’une manifestation publique tels que des drapeaux aux couleurs rouge, orange, jaune, vert, bleu et violet.» Une preuve supplémentaire que le rainbow flag, symbole des LGBT, ne doit plus être visible à Saint-Pétersbourg.

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