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Chats, Société | 26.04.2012 - 16 h 44 | 0 COMMENTAIRES
  • Christian Vanneste
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Philippe Couillet: «Face aux propos de Vanneste, nous avons répondu par la pédagogie sur la déportation homosexuelle»

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Avant la Journée nationale de la déportation qui a lieu dimanche, Philippe Couillet, président de l'association Les Oublié-e-s de la Mémoire, a répondu à vos questions lors d'un chat.

À l'occasion de la Journée nationale de la déportation qui a lieu le dimanche 29 avril, Philippe Couillet, président de l'association Les Oublié-e-s de la Mémoire, a répondu à vos questions lors d'un chat en direct, mardi 24 avril. Voici l'intégralité des échanges.

Philippe Couillet: Je suis ravi de pouvoir échanger avec les yaggeurs et les yaggeuses. Merci de me recevoir.

Yagguser: Bonjour Monsieur Couillet. Pourriez-vous en quelques mots m’expliquer ce que vous apporte personnellement votre action militante dans ce domaine, quelles sont vos motivations pour travailler à cette cause si particulière, et enfin, nous témoigner de l’impact que cela peut avoir sur votre vie et sur votre conception de la vie au quotidien dans notre société?
Philippe Couillet:
Cette action militante engagée depuis 2003 à Marseille ne m’a apporté que des moments riches en rencontres avec des personnalités exceptionnelles. Tout d’abord en rencontrant Pierre Seel à deux reprises sur Marseille notamment. Son témoignage m’avait profondément touché. Puis j’ai eu la chance de côtoyer d’autres témoins survivants de la Déportation, comme Marie-José Chombart de Lauwe, Simone Veil, mais aussi de grands résistants comme Raymond Aubrac, Daniel Cordier. Plus récemment j’ai eu le bonheur de connaître Rudolf Brazda, le dernier des Triangles Roses. Le seul regret c’est de ne pas connaître l’allemand et de n’avoir pas pu discuter et apprendre de lui et de sa vie.

Ma motivation est simple. Militant LGBT sur Marseille et ancien combattant (appelé volontaire comme casque bleu en Bosnie de 1992 à 1994), j’ai eu du mal à accepter ce piétinement dans la reconnaissance de cette mémoire, soit par l’homophobie ou par l’ignorance. Il me semblait que pour avancer il fallait faire partie du monde de la Mémoire Combattante et d’en adopter les rites et coutumes. C’est-à-dire être solidaire des autres mémoires lors des cérémonies nationales et être présent avec un drapeau tricolore marqué du symbole de l’association, un triangle rose et noir traversé par un barbelé surmonté du drapeau français. Ceci était novateur car nous représentions la mémoire de la Déportation pour homosexualité en France.

Avec Maxence Aulas notamment nous avons créé une association de fait et ce drapeau a été salué par les autorités et les associations de déportés en avril 2003 et surtout par Pierre Seel lui-même qui ému nous a remercié.

Dans ma famille, mes deux grands-pères et mon grand-oncle paternel ont été des combattants et résistants, notamment de la France Libre. Mais je n’en connais pas qui ont été déportés. J’ai toujours aimé l’Histoire et je trouve normal de s’intéresser à la transmission de la mémoire pour témoigner des erreurs et des crimes du passé. Cela va faire bientôt 10 ans que je travaille à cette cause, qui me prend beaucoup de mon temps et souvent au détriment de ma vie professionnelle et familiale par le passé.

Aujourd’hui, je suis fier et heureux des grandes réalisations mémorielles acquises, et je demeure attaché à ce combat, entouré d’une équipe formidable. Notre association, reconnue par les institutions et les associations mémorielles, est devenue partie prenante du travail de mémoire et du mouvement militant LGBT. Le travail de reconnaissance de cette déportation passe aussi par la solidarité de mémoire envers toutes les catégories de déportés, ainsi que par le combat contre toutes les discriminations. Il est d’autant plus actuel en ces temps de crise où le peuple français est tenté de céder aux sirènes de l’intolérance, celles-là même qui, en un autre temps, avaient permis l’accession au pouvoir d’une idéologie et d’un régime qui conduisirent à la déportation de millions de personnes.

Nous devons restés vigilants et des passeurs de mémoire, car l’homophobie tue toujours de part le monde et aussi en France, par le rejet et la haine.

Lucie: Que vous inspire les résultats du 1er tour de la présidentielle?
PC:
Une grande inquiétude, comme beaucoup j'espère, de la montée du Front national et des idées d'extrême droite. Malgré cela les Français-e-s se sont déplacé-e-s pour voter en masse. La crise et les problèmes sociaux accumulés ont motivés leur envie de changement.

Gael: Avec le recul, que retenez-vous de l'affaire Vanneste, quand le député du Nord avait nié la déportation homosexuelle en France?
PC:
Dans cette histoire, le plus scandaleux était tout le contenu de l'interview accordé par ce député à un site traditionnaliste. La «légende de la déportation homosexuelle» en était une autre. Il fallait répondre par la pédagogie et une affirmation des résultats des recherches historiques. Nous avons d'ailleurs édité une brochure reprenant les travaux de recherches réalisés par Arnaud Boulligny (chercheur de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) avec des ajouts et affinages par nos travaux notamment réalisés à Bad Arolsen en Allemagne. Cette brochure a reçu le soutien du ministère de la Défense et des Anciens Combattants et de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Elle est disponible sur simple demande. Éditée à 5000 exemplaires et rédigée en français et en allemand, elle sera diffusée auprès des associations mémorielles, du public LGBT, des établissements scolaires et de nos voisins allemands.

Homo: Bonjour, j’ai une simple question. Qu’est-ce que ça peut rapporter la reconnaissance de la déportation pour motif d’homosexualité?
PC:
La reconnaissance de la déportation pour motif d’homosexualité doit être une garantie contre les horreurs du passé. Comme je l’ai dit à Yagguser (dans ma réponse plus haut), notre travail est un acte de vigilance au quotidien. Les LGBTphobies continuent à tuer aujourd’hui de part le monde et aussi en France.

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