Night and Day, Love For Sale, You’re the Top!, ces chansons du répertoire de Cole Porter sont aujourd’hui universellement connues. L’artiste américain, qui vécut en France dans les années folles, était un musicien et un parolier hors pair, rendu célèbre par ses lyrics maniant les jeux de mots et les sous-entendus.
Cole Porter crée La Revue de Ambassadeurs, en 1928, à Paris. On croyait l’œuvre perdue. Musicologue spécialiste des comédies musicales, Christophe Mirambeau l’a retrouvée et a monté sa re-création, le 3 mai prochain, à la Maison de la Mutualité, à Paris. Le casting est prestigieux. Jérôme Pradon et Vincent Heden, les deux principaux rôles masculins, sont bien connus des amateurs de théâtre musical. Amy Burton est une des sopranos vedettes du New York City Opera, et Lisa Vroman, de son côté, s’est faite connaître dans le rôle de Christine Daaé du Phantom of the Opera. Selon Christophe Mirambeau, «Lisa Vroman excelle à la fois dans le grand répertoire de Broadway que dans l’opéra contemporain américain. Grâce à ce «quatuor» et la présence du Diva Chorus et de l’Orchestre Pasdeloup, la soirée promet d’être étincelante.
Christophe Mirambeau en dit plus pour Yagg.
Pouvez-vous nous présenter cette œuvre de Cole Porter? C’est une revue totalement originale, très gaie, rythmée et spirituelle. Les chansons sont du «grand Broadway style», et du grand Porter tout court.
Une fois entendues ces chansons quasi-inédites de Cole Porter, on ne pourra plus se les sortir de la tête!
Baby Let’s Dance, The Boulevard Break, The Lost Liberty Blues, You and Me, l’extravagant et énergique Fountain of Youth… Ce sont des tubes, c’est du bonheur, un concentré d’énergie fulgurante. Je garantis le public debout à la fin du concert!
Quand a-t-elle été créée? La Revue des Ambassadeurs a été créée le 10 mai 1928, aux Ambassadeurs — l’actuel Espace Cardin. En 1926, Oscar Dufrenne quitte la direction de l’établissement des Champs-Élysées et cède son fauteuil à Edmond Sayag, qu’on appelle «le Ziegfeld de Paris». Sayag a une idée précise: remodeler le lieu et y attirer tous les Américains qui débarquent à Paris depuis la Première Guerre mondiale pour y faire la fête et dépenser leur argent. Aussi, il transforme le lieu en music-hall et y présente des revues «américaines». Sayag appelle Porter pour écrire la revue de 1928: Porter est le plus parisien des Américains – il a fait la Grande Guerre, s’est installé à Paris. Et il n’y est pas un inconnu: en 1923, il a écrit le premier ballet américain, pour les Ballets Suédois de Rolph de Maré, Within’ the quota – gros succès au Théâtre des Champs-Élysées. Richement entretenu par son épouse – qui lui pardonne ses frasques masculines – Porter écrit des chansons pour Cochran à Londres et des revues originales pour Broadway.
Comment avez-vous mis la main sur cette œuvre que l’on croyait perdue? J’ai d’abord retrouvé la partition publiée en 1928 à la suite du succès de la revue. Publiée une fois, elle n’avait jamais fait l’objet d’une réédition. Elle était malheureusement incomplète. J’ai vérifié à la bibliothèque du Congrès à Washington pour le savoir. Le hasard de mes recherches m’a fait tomber sur une copie de copiste des chansons manquantes, et j’ai pu reconstituer les sources de base, c’est-à-dire le piano-chant des numéros. Il n’existait plus rien aux États-Unis, et les chansons, à trois exceptions près réutilisées par Porter dans d’autres revues, étaient réputées perdues.
J’ai demandé à mon ami Larry Blank, trois fois nominé aux Tonys pour le prix de la meilleure orchestration si ce projet de re-création d’une œuvre quasi-inédite de Porter l’intéressait. Il s’est passionné autant que nous pour l’aventure, et c’est ainsi qu’il a réorchestré toute la Revue, dans le style «Broadway Golden Era».
Photo Lord Mariser
La Revue des Ambassadeurs, le 3 mai, à 20h, à la Maison de la Mutualité, 24 rue Saint-Victor, 75005 Paris.
Tarifs spécial Yagg: 30€ au lieu de 45€ pour la catégorie 1; 25€ au lieu de 35€ pour la catégorie 2; 15€ au lieu de 25€ pour la catégorie 3.
Renseignements et réservations sur le site: http://www.concertspasdeloup.

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