Les personnages homos au cinéma souffrent d’un drôle de syndrome: ils sont souvent irrémédiablement gentils et propres sur eux. Il est vrai qu’après des décennies de gays torturés et de lesbiennes machiavéliques, quelques personnages positifs, cela ne fait pas de mal, mais on a pu assister ici et là à une inflation de «meilleurs amis gays» et de «regardez comme ces lesbiennes sont de formidables mères». Les Vieux chats, de Sébastián Silva et Pedro Peirano (ce mercredi dans les salles) fait valdinguer ces stéréotypes dans une réjouissante comédie douce-amère qui vaut le détour.

FURIES
Isidora et Enrique sont deux retraités qui mènent une vie des plus pépères dans leur appartement de Santiago du Chili où les chats se prélassent et font quasiment la loi. Le calme avant la tempête. Car Rosario (interprétée par Claudia Celedón – photo), la fille d’Isidora, et sa compagne Hugo, vont débarquer telles des furies, bien décidées à faire comprendre à mamie qu’il serait super sympa de quitter définitivement les lieux et de leur laisser l’appartement.

ENTRE DRAME ET COMÉDIE
Le film, qui avait commencé sur un mode extrêmement (trop?) lent, prend alors une tournure très almodovarienne première époque, avec sniffage de coke dans la salle de bains des retraités. Dans ce drame familial, qui mêle scènes de comédie pure et beaux moment de poésie (les errances et les hallucinations d’Isidora, sans doute dues à un début d’Alzheimer), le couple de lesbiennes junkies et très intéressées (ça s’arrange un peu à la fin, on vous rassure) fait paradoxalement plaisir à voir. Ce qui confirme l’adage qu’on ne fait pas de bons films avec de bons sentiments.


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