Nicolas Sarkozy l’a affirmé mardi 17 avril sur France Inter, Christian Vanneste ne fait plus partie de l’UMP. Oui, mais quand le député du Nord dément avoir fait l’objet d’une quelconque procédure d’exclusion, qui croire? «Dans un parti politique, il y a des statuts. Pour exclure quelqu’un, il faut respecter les statuts. Ces gens-là annoncent mon exclusion, mon retrait d’investiture mais je n’ai aucun contact avec eux», a affirmé Christian Vanneste sur Rue89, quelques heures après la déclaration du chef de l’État.

L’ARTICLE 3 DU RÈGLEMENT INTÉRIEUR SUR L’EXCLUSION
Sur ce point, il suffit d’aller consulter l’article 3 du règlement intérieur de l’UMP (disponible sur leur site) pour constater qu’une procédure précise est en effet prévue pour exclure un membre du parti: «a) Les sanctions applicables sont la suspension et l’exclusion. Elles sont prononcées à l’issue d’une procédure contradictoire, et notamment de la communication du dossier à l’intéressé et de son audition, s’il le demande. La décision est notifiée à l’intéressé par lettre recommandée avec accusé de réception.»

À ce jour, Christian Vanneste affirme pourtant n’avoir eu aucun contact avec l’UMP, encore moins avoir reçu une convocation. Toujours dans le règlement, un peu plus loin, la procédure est détaillée: «Pour les membres détenteurs d’un mandat électif, exécutif ou parlementaire, le pouvoir disciplinaire est exercé par le Conseil national. Le Bureau politique instruit, sur rapport du Secrétaire général, les demandes de sanction formulées par le Président de l’Union. La proposition du Bureau politique est présentée au Conseil national par le Président de l’Union. En attendant la décision sur la sanction, le Président de l’Union peut, après avis du Bureau politique, décider de suspendre de sa qualité d’adhérent l’élu contre lequel est intentée une action disciplinaire.»

Le 22 février, jour où le Bureau politique se réunissait pour statuer sur la sanction de Christian Vanneste, Jean-François Copé et Marc-Philippe Daubresse avaient fait machine arrière, affirmant que le député du Nord se retirait de lui-même du parti, une décision niée en bloc par ce dernier (lire aussi Cafouillages à l’UMP sur le cas de Christian Vanneste). Depuis, seule l’UMP semble persuadée que Christian Vanneste a quitté les rangs du parti de son propre chef.

UN SERVICE DE PRESSE PEU RÉACTIF
Joint à maintes reprises depuis mardi par Yagg, le service de presse de l’UMP assure que «Jean-François Copé s’est déjà exprimé des dizaines de fois sur le sujet» sans donner davantage d’explications. Au fil des conversations, le service de presse mentionne un communiqué de presse, puis une vidéo d’un point presse du Secrétaire général de l’UMP attestant de l’exclusion du député. Une vidéo qui serait non diffusée et même non montée. À ce jour, nous n’avons toujours rien reçu à la rédaction.

Quant à Christian Vanneste, il a désormais fondé son propre parti dont il est devenu président. Prêt à claquer la porte de l’UMP? Sûrement pas, selon ses dernières déclarations sur Rue89: «Je veux en faire un parti qui équilibre le Parti radical au sein de l’UMP. L’UMP doit avoir un pied gauche et un pied droit.» Et un joli pied de nez en direction de Nicolas Sarkozy?

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