Opinions & Débats, Société | 19.04.2012 - 11 h 52 | 36 COMMENTAIRES
«Mort de Richard Descoings: ne nous trompons pas de combat», par Christophe Martet
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En quoi est-ce manquer de respect que de dire de quelqu'un qu'il est homosexuel? Retour sur une polémique qui ne pose pas les bonnes questions.

Je n’ai pas connu personnellement Richard Descoings. Mais l’un de mes meilleurs amis a pu faire des études à Sciences Po grâce à la politique d’inclusion des étudiants venant des banlieues défavorisées mise en place par le directeur de cette école, retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Manhattan le 3 avril dernier.

Je savais aussi, par les nombreuses interventions qu’il faisait, que Richard Descoings avait eu de bonnes idées pour faire avancer la diversité. Sciences Po, on en a parlé fréquemment sur Yagg, car c’est là qu’a lieu tous les ans la Queer Week et que des débats sur les questions LGBT s’y tiennent régulièrement.

Je savais que Richard Descoings était gay, pour l’avoir lu dans les journaux et parce qu’il n’en faisait pas mystère auprès des étudiants. Mais cette information, certains voudraient la voir dissimulée, cachée. Dans Libération du 18 avril, le directeur des Inrockuptibles David Kessler et Olivier Duhamel, professeur des universités à Sciences Po, ont publié une tribune intitulée Mort de Richard Descoings: la vie des autres dans laquelle ils assènent des leçons de journalisme au nom du respect de la vie privée. Première leçon: la presse n’aurait pas dû écrire que Richard Descoings était gay. Selon les auteurs, c’était ne pas faire preuve de respect. Deuxième leçon: la presse n’aurait pas dû mentionner qu’il avait été retrouvé nu. «L’indécence de l’investigation inutile et de l’intrusion dans la vie privée n’aurait-elle aucune limite si elle fait vendre de la copie?», écrivent-ils.

LE JEU DE L’HOMOPHOBIE
En assénant ces deux principes appliqués à la mort de Richard Descoings, Kessler et Duhamel font le jeu de l’homophobie. En quoi est-ce manquer de respect que de dire de quelqu’un qu’il est homosexuel? Y aurait-il une orientation sexuelle, des modes de vie, des amours, qui seraient inavouables? C’est une information, ni plus ni moins.

La personne en question, Richard Descoings en l’occurrence, ne faisait pas mystère de son homosexualité. Et nous ne pouvons évidemment pas suivre David Kessler et Olivier Duhamel lorsqu’ils se prêtent à une attaque en règle du web. Dernière leçon assénée dans cette chronique: pour les auteurs, «la dignité de ce grand métier de journaliste tient précisément à choisir ce qui doit être publié et ce qui ne le mérite pas». Dans le cas de Richard Descoings, informer les lecteurs de son homosexualité méritait selon nous d’être publié. Et cette information ne devrait pas faire polémique. Il y a quelques mois, je m’étais insurgé contre France 2 qui avait refusé de mentionner l’homosexualité et la mort du sida de Thierry Le Luron, à la demande de la famille, alors que ces informations étaient connues du public. Le respect de la vie privée ne devrait pas inclure, lorsqu’elle a été énoncée par l’intéressé, son homosexualité. La loi votée en urgence sous Georges Pompidou, en 1970, sans l’accord du Sénat qui la jugeait trop floue et liberticide, doit être revue et corrigée.

Duhamel et Kessler réagissaient à plusieurs tribunes, dont celle de Didier Lestrade sur Rue89, Mort de Descoings: Ceux qui ne font pas leur coming-out, et les autres, publiée le 11 avril. Didier Lestrade qui porte la charge contre l’ancien directeur de Sciences Po au motif qu’il n’aurait pas suffisamment fait état de son homosexualité et n’aurait pas fait des droits des homos le combat de sa vie, reconnaît ne pas connaître le personnage… L’attaque est très vite démonétisée. Celui qui s’autoproclame «phare des jeunes LGBT» s’en prend à Richard Descoings pour en faire le symbole de ces «élites gays» qu’il conspue, parce qu’elles gagneraient trop d’argent, ne seraient pas visibles, feraient le jeu de l’homophobie. Comme il voit tout ce qui l’entoure à l’aune de sa personne, il faudrait que tous les gays et toutes les lesbiennes aient le même comportement que lui. Les LGBT devraient tous et toutes former une armée dans laquelle aucune tête ne dépasserait.

Mais les LGBT n’ont pas besoin de gourous ou de maîtres à penser. Ils sont capables de se forger une opinion. Oui, nous avons un point commun: les gays et les lesbiennes ont toutes et tous besoin d’égalité des droits, même s’ils ne souhaitent pas s’en servir pour eux-mêmes. Mais nous ne nous ressemblons pas et n’aspirons pas à la même vie. Il y a celles et ceux qui votent à droite, d’autres à gauche. Certain-e-s aiment la viande, d’autres sont végétarien-ne-s, certain-e-s ne jurent que par la house, d’autres l’opéra. Nous ne désirons pas tous militer, et nos engagements peuvent aller à l’écologie, à la lutte contre le cancer, ou nous pouvons avoir envie, comme ce fut le cas de Richard Descoings, d’œuvrer contre toute forme de discrimination.

OUTING ET COMING-OUT
J’avais lu à sa sortie en 1993 Queer in America, le livre pro-outing de Michelangelo Signorile, dans lequel le journaliste et activiste américain, qui avait milité à Act Up-New York, défendait le outing des personnages publics hostiles aux homos et y expliquait comment à Hollywood dans le monde du cinéma, à New York dans celui de la finance, et enfin à Washington dans les cercles du pouvoir, les gays au placard pouvaient être les pires ennemis des gays. Il y dénonçait aussi le double langage de la presse, qui n’abordait pas de la même façon l’homosexualité et l’hétérosexualité.

Ce livre, qui avait fait date, Didier Lestrade s’en inspire régulièrement. Mais les temps ont changé. Contrairement à ce qu’affirme Didier Lestrade, de plus en plus de monde fait son coming-out en haut de l’échelle sociale. On ne compte plus les ministres, les maires, les chefs d’entreprise, les artistes, les parlementaires, qui ont dit qu’ils étaient homosexuels. Parfois tout simplement comme Ian Brossat, président du groupe communiste à la Mairie de Paris, qui questionné par un internaute de Yagg lors d’un chat avait dit: «Je vis avec un garçon depuis 10 ans, que j’ai rencontré à Lyon. Nous sommes pacsés et la vie est belle.»

L’enjeu n’est plus seulement la visibilité. Certes, il y a encore trop de pédés et de goudous au placard, y compris dans les plus hautes sphères, et y compris dans les médias, les syndicats, la politique. Mais il y a surtout encore beaucoup trop d’homophobes dont les paroles restent impunies et qui font la pluie et le beau temps. À l’heure où j’écris ces lignes, Vanneste est toujours membre de l’UMP et c’est parce que Boutin a signé un pacte avec Sarkozy pour ne pas se présenter à l’élection présidentielle que celui-ci a fait machine arrière sur la question des droits des LGBT.

RICHARD DESCOINGS N’ÉTAIT PAS NOTRE ENNEMI
Ne nous trompons pas de combat et de cible. Richard Descoings n’était pas notre ennemi. Il n’avait pas dans ses faits et gestes manifesté d’hostilité envers les LGBT, au contraire. Qu’il faille réclamer des gays et des lesbiennes visibles plus d’attention et de mobilisation sur la question des droits, bien sûr.

Mais ceux qui font le plus de mal à la cause gay et nous ont fait perdre des années dans l’égalité des droits, sont principalement les politiques, et très précisément le gouvernement et le Président actuel. Et il y a un moyen très simple de s’en débarrasser: le bulletin de vote. Ensuite, tout ne sera pas gagné: il faudra continuer pour que les lois passent et pour que les femmes, les homos, les noirs, les arabes, les handicapés, soient plus visibles. Et se battre encore et toujours pour faire évoluer les mentalités, afin que l’orientation sexuelle ne soit plus synonyme d’infériorité dans la tête de beaucoup de gens. Exigeons par notre vote l’égalité des droits et soyons plus exigeants envers les médias, afin qu’ils fassent un traitement moins hypocrite et plus juste de la question de l’homosexualité.

Christophe Martet est le directeur de la publication de Yagg.

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LES réactions (36)
  • Par jigglypuff aujourd'hui - 12 H 11
    Avatar de jigglypuff

    Enfin un peu de clarté sur un homme dont j’avoue avoir entendu pour la première fois son nom qu’à son décès, enfin un peu de bon sens parmi toutes les tribunes que j’ai lu sur le sujet depuis son décès…

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  • Par JanisBing aujourd'hui - 12 H 30

    Il était marié. Il a été outé, c’est tout.

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  • Par Communard aujourd'hui - 14 H 01

    Au passage, il me semble qu’il manque l’information suivante et importante : dès 1984, au tout début de l’épidémie de Sida en France, quand elle ne touchait encore que les homos et que rien n’existait, en tant que jeune Enarque, Richard Descoings a permis l’organisation et la structuration de l’association Aides créée par Daniel Defert, le compagnon de Michel Foucault. A l’occasion de son décès, Daniel Defert a rappelé l’efficacité cruciale de Richard Descoings et lui a rendu un vibrant hommage. S’être « mouillé » à ce point en 1984 pour les homos pestiférés alors qu’on est jeune Enarque et qu’on aspire à une brillante carrière, il fallait le faire !

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  • Par phil86 aujourd'hui - 14 H 04
    Avatar de

    Le problème de Descoings c’est qu’il considérait que son orientation sexuelle ne devait être sue que par les membres de la pseudo élite qu’il fréquentait et que les autres, c’est à dire nous, ne devaient rien en savoir. Il était « out the closet » quand ça l’arrangeait et « in the closet » quand ça l’arrangeait aussi : en tant que directeur de Sciences Po c’est un comportement à l’opposé de l’exemple républicain qu’il était censé donner et qui commandait que lui, homme public proche des cercles du pouvoir, soit honnête vis-à-vis des citoyens quand à son identité réelle (qu’il dissimulait derrière un mariage de convenance, tout en crachant sur son compagnon en refusant d’assumer son homosexualité quand la question lui était posée par un journaliste de Libération). Le problème de fond c’est surtout le rapport des élites auto-proclamées avec le peuple, qu’elles méprisent. pourquoi moi, qui suis homo et out, je n’avais pas le droit de savoir, et de fait ne savait pas car je n’ai pas de contacts dans ce milieu très fermé, que le directeur de Sciences Po était homosexuel ? Cela me met en colère car cela me renvoie à l’inavouable de ma condition d’homo, alors même que je m’assume très bien. Eh bien, je dis merde aux pédés planqués dans les placard dorés de la prétendue « haute société » !

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  • Par Communard aujourd'hui - 14 H 06

    Le communiqué de Daniel Defert :

    « Richard sortait de l’ENA et était au Conseil d’Etat, il est très vite arrivé à Aides amené par des amis, et a mis en place une organisation interne de l’association. Nous croulions sous les demandes, les courriers, les questionnements. Richard a su, grâce à ses grandes compétences qu’il mettait au service de cette cause, nous structurer, nous assurer que tout le monde recevrait une réponse, qu’on ne laisserait aucune demande sans suivi. Vous ne pouvez pas imaginer combien cela a été important, tant nombre d’entre nous étaient déjà pris individuellement par nos propres questionnements et ceux de nos proches. C’était un garçon déterminé et organisé, grâce à lui nos fondations furent construites solidement, c’est une grande perte ».

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  • Par phil86 aujourd'hui - 14 H 07
    Avatar de

    @communard : eh bien justement, pourquoi ne savait-on pas cela non plus ? était-ce donc honteux et inavouable au point de devoir le cacher ? pourquoi la caste des journalistes, la profession la plus détestée des Français parait-il, ne l’a-t-elle pas dit lors de son décès ??? les journalistes ont une très grande part de responsabilité dans cette affaire…

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  • Par Paul Denton aujourd'hui - 14 H 12
    Avatar de Paul Denton

    Tribune salutaire.

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  • Par Communard aujourd'hui - 14 H 22

    @phil86 :

    La génération de Descoings, c’est encore la génération de ceux qui ont vécu leurs premières amours alors que l’homosexualité était pénalement punie en France. La dépénalisation n’a pas provoqué d’un coup de baguette magique un changement des mentalités et la fin de l' »auto-contrôle » pour ces homos-là. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux ont eu deux vies, voire une double vie. D’où d’ailleurs la question de l’homoparentalité aujourd’hui. Il faut au moins une génération pour que les mentalités absorbent un changement tel que l’acceptation de l’homosexualité. Et Descoings n’était pas un politicien même si, par son rôle à l’IEP, il a révélé sa dimension d’homme politique, au bon sens du terme. Ce qui me gêne beaucoup plus, ce sont les politiciens homos qui ne font pas leur coming out. Ceux-là, il faut les outer car ils sont souvent impliqués dans des positions ou des décisions hostiles qui nous concernent au quotidien.

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  • Par phil86 aujourd'hui - 14 H 28
    Avatar de

    Descoings formait quand même les futurs dirigeants du pays. En ce sens là, il avait un rôle hautement politique. C’est à ce titre-là qu’il se devait et devait aux Français de faire son coming-out total. Et pas qu’à moitié (ce qui était encore pire que de rester complètement dans le placard, à mon avis). Sinon je suis d’accord avec ce que vous dites à la fin de votre post.

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  • Par saccard aujourd'hui - 14 H 35

    Le problème pour certains, semble qu’il était « le directeur de scpo » pas « l’homosexuel »

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  • Par Communard aujourd'hui - 14 H 37

    Certes les paroles ont leur importance. Mais j’accorde plus de crédit aux actes. C’est quand même Descoings qui a favorisé l’organisation à l’IEP, pour la première fois, de colloques LGBT et de colloques sur la stigmatisation des séropos au travail, notamment. Pour moi, ce sont de véritables actes politiques qu’il a accompli en tant qu’homme public exerçant d’importantes fonctions. La vie privée de Descoings ne me concerne pas dès lors que ses actes sont éthiques. Par contre, il faut stigmatiser la vie privée des politiciens homos dès lors que leurs actes et leurs discours ne sont pas en cohérence avec ce qu’ils sont.

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  • Par Communard aujourd'hui - 14 H 44

    Entre des Donnedieu de Vabres et des Richard Descoings, pour moi, il n’y a pas photo !

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  • Par SilentBrace aujourd'hui - 15 H 09
    Avatar de SilentBrace

    Mais c’est exactement cela la liberté de la presse !

    La CON-VER-GEAN-CE des divergences !!! 8-)

    C’est Kessler et Duhamel d’un côté, Lestrade de l’autre et Martet au milieu … (Par exemple)

    Tous représentatifs et porteurs de points de vue divergents car tous différents, qui pourtant convergent vers nous, lecteurs et suiveurs !!!

    Et l’homosexualité n’ai en rien le centre de ces histoires. On l’a clairement compris avec  » l’affaire DSK  » d’ailleurs !

    Donc, demander de l’exigence dans la presse me semble donc être une forme d’idéologie. (A tord où à raison.)

    Cela me fait penser à Juppé qui di ce matin n’avoir jamais vu en 30 ans de carrière une telle gauchisation des médias …

    Au fait, Christophe, vous considérez-vous comme un journaliste ?

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  • Par Christophe Martet aujourd'hui - 15 H 43
    Avatar de Christophe Martet

    @yagguser Pour répondre à votre question. Oui, je crois . C’est en tout cas le métier que j’exerce depuis 29 ans, d’abord dans le service public de la télévision, puis en tant que pigiste, puis à Têtu et depuis 2008 à Yagg.

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  • Par pitaladio aujourd'hui - 15 H 58
    Avatar de

    c’est pas vraiment le propos, quoique… mais qu’il ait été « retrouvé nu », qu’est-ce que ça a de si choquant ? Il me semble qu’on se retrouve souvent nus dans la vie non ? Ne serait-ce que pour se laver, je trouve ça plus pratique, personnellement. Tout de suite dans ce genre de situation, la nudité ajoute une dimension pseudo-scandaleuse ridicule. Je sais, je m’arrête à des détails :)

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  • Par François aujourd'hui - 16 H 30

    Je trouve que l’article de Christophe Martet ménage un peu trop la chèvre et le chou.
    Sinon, quelques petites choses : 1/ je ne trouve effectivement pas que le fait qu’il ait été retrouvé nu soit un détail qui ait une quelconque importance, et ça pue même plutôt la presse de caniveau ; 2/ son action pour AIDES, que je ne connaissais pas, est totalement à son honneur. C’est le genre d’infos que j’aurais aimé lire plus tôt, aussi bien dans la presse généraliste que dans la presse homo ; 3/ il ne faut quand même pas s’étonner si beaucoup de gens (et je me mets dans le paquet) trouvent étonnant le fait qu’un gars tranquillement homo se marie avec une femme. S’il était bi, rien à dire, mais il semblait dire qu’il était homo. Alors, oui, les étiquettes sont réductrices, mais vu que nous n’avons que cette info, sans contexte, nous ne pouvons pas nous empêcher de l’interpréter d’une façon peu flatteuse. Et je l’espère complètement fausse.

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  • Par Communard aujourd'hui - 17 H 32

    En fait, la polémique la plus importante concernant Descoings n’est pas du tout LGBT ni privée mais concerne sa rémunération à la tête de l’IEP, rémunération dont il a lui-même suscité le vote en CA : 40 000 euros mensuels alors qu’un président d’université ou directeur d’école d’ingénieurs gagne au maximum autour de 8000 euros, primes comprises quand c’est un professeur d’université de classe exceptionnelle, ce qui est loin d’être la majorité des cas, la moyenne se situant plutôt autour de 5000 euros, primes comprises. Cette polémique a éclaté fin 2011 et a affecté Descoings.

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  • Par Hibou aujourd'hui - 17 H 34

    Faut-il donc s’insurger pour tous ces morts dont on ne précise jamais dans la presse qu’ils sont hétéros ? N’importe quoi…

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  • Par SEB22 aujourd'hui - 18 H 15

    le probleme avec les articles de Martet, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’il pense. A force d’être dans le consensuel, c’est ennuyeux. et surtout, c’est inutile…

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  • Par Christophe Martet aujourd'hui - 18 H 40
    Avatar de Christophe Martet

    @SEB22 Désolé de vous ennuyer, mais je ne vois pas en quoi demander la révision de la loi sur la vie privée est consensuelle. M’avez-vous bien lu ou avez-vous une idée définitive à la lecture de mon simple nom?

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  • Par François aujourd'hui - 18 H 44

    Est-ce que vous savez s’il y a des discussions sur cette révision ? La société a tellement changé que cette loi paraît effectivement datée.

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  • Par Christophe Martet aujourd'hui - 18 H 52
    Avatar de Christophe Martet

    @François Pas à ma connaissance

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  • Par phil86 aujourd'hui - 19 H 00
    Avatar de

    Mon avis sur le sujet c’est que Descoings en tant qu’homme public était très ambigu quant à son orientation sexuelle et cela finit par lui retomber dessus maintenant qu’il est décédé. D’un côté il s’assumait dans la sphère où il évoluait et avait même mené, apprend-on avec retard, des actions LGBT et contre le sida (ce qui soit dit en passant montre bien toute l’hypocrisie des médias qui lors de son décès n’ont rappelé que ce qui les arrangeait, s’ils avaient alors rappelé son engagement contre le sida dans les années 80 et ses actions LGBT dans le cadre de ses activités professionnelles (ce que nous devons lui reconnaitre), ça aurait pu atténuer beaucoup les critiques qu’on a lues par la suite). Mais de l’autre, hélas, il reniait son homosexualité (et par là-même son compagnon, c’est quand même pas un exemple à suivre) et se cachait dans le mariage, ce qui moi, m’interroge et pas qu’un peu ! Pour un homme public qui est également homo, ce n’est pas, à mon avis, une attitude exemplaire, surtout pour le directeur de l’école formant l’élite du pays, car ça incite les citoyens homos lambda à se comporter de la même façon, et je pense que ça ne peut qu’entretenir l’homophobie. Nous, homos « de base » avons besoin de modèles positifs dans « la haute » qui nous donnent envie de nous assumer pleinement, surtout aux jeunes qui sont souvent confrontés à l’homophobie (alors que Descoings était très protégé contre cette même homophobie par son statut social, son…

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  • Par phil86 aujourd'hui - 19 H 01
    Avatar de

    (suite) Nous, homos « de base » avons besoin de modèles positifs dans « la haute » qui nous donnent envie de nous assumer pleinement, surtout aux jeunes qui sont souvent confrontés à l’homophobie (alors que Descoings était très protégé contre cette même homophobie par son statut social, son salaire et sa carrière). Il y a là un deux poids deux mesures qui ne me plait pas : être out quand on fait partie du petit peuple, c’est la garantie de s’en prendre plein la gueule sans pouvoir être protégé. Alors que des homos haut placés, et très protégés, continuent à être dans le placard, ou qu’à moitié (ce qui est encore pire), eh bien je trouve ça affligeant car ça porte forcément préjudice à l’ensemble de la minorité homo.

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  • Par Communard aujourd'hui - 19 H 15

    Au passage, à nouveau, quand on a découvert sa dépouille à NY, la première hypothèse évoquée trop hâtivement par de nombreux médias français était celle d’un suicide à la suite de la polémique concernant la rémunération évoquée ci-dessus et non l’homosexualité.
    Bref….
    On en saura plus début mai avec les résultats des analyses complémentaires réalisées par le médecin légiste américain.
    Sans doute, sans aucun rapport avec ce décès, on connaît en France des décès subits de quinquagénaires homos dus à une crise cardiaque après association de poppers et de stimulant sexuel, notamment dans une usine à sexe parisienne.

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  • Par nevermind aujourd'hui - 23 H 29
    Avatar de nevermind

    Bien écrit.

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  • Par Ceolio 20 avr 2012 - 1 H 30

    @phil86 « nous homos de base avont besoin de modeles positifs dans la haute qui nous donnent envi de nous assumer ». Mais qui à fait de toi le porte parole des homos de bases pour décider pour tous de ce dont on a besoin ou pas ou de qui doit faire son coming out pour une cause qu il n a pas choisi.Un MILITANT n est pas une personne á qui on met un couteau sous la gorge en disant  » voilá ta cause , défends lá que tu le veuille ou non. Un militant est a mon sens animé par un engagement personnel profond , CONSENTI  ET CHOISI. D ‘autre part, je n’ai pas attendu et je ne pense pas être le seul, de modele de la haute pour m assumer, ni de model de la base d’ailleur, ou du milieu. Je m assume parceque j ai le droit d’être tel que je suis et je suis prés á écraser sans pitié ceux qui viendront me dire le contraire. Ce choix je l ai fais de façon personnel et je ne me donne pas le droit de l imposer a quiconque comme tu cherche á le faire. Il n y a pas de communauté homosexuel ni de mode de pensé homosexuel ou de président du coming out obligatoire. Chacun est encore libre de mener sa vie á sa maniere bordel. Et il ferait bon voir qu un jour on vienne m imposer la  façon dont je dois vivre mon homosexualités. Il y á autant d hommosexualité que d homosexuels et merde au commmunautarisme. Je croyais qu on se battait pour être plus libre, pas pour se soumetre á d autre maîtres. 

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  • Par Chris 20 avr 2012 - 2 H 41

    ENFIN je retrouve « mon » Christophe Martet dans ce post !
    Merci pour la nuance, la réflexion et la complexité que vous apportez au sujet de Richard Descoings (mais qui manquées cruellement pour YSL… hum), je vous rejoins entièrement Richard Descoings n’était pas notre ennemi. Vous exprimez une parole libre qui témoigne avec clairvoyance et lucidité de l’ampleur du travail à accomplir contre les discriminations. C’est aussi parce que votre parole militante est juste qu’elle nous montre à tous et à toutes que nous pouvons venir à bout de toutes les discriminations ! Encore merci pour votre espérance.

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  • Par Rumi 20 avr 2012 - 3 H 23
    Avatar de Rumi

    C’est le premier article sur Ricgard Descoings que je trouve bien écrit et intéressant ! ( et pourtant il y en a eu des tonnes dans la presse) ! Un certain Duhamel devrait prendre sa retraite…ainsi qu’une flopée de pseudos-journalistes lèches cul du système.

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  • Par phil86 20 avr 2012 - 9 H 08
    Avatar de

    euh @ceolio je n’ai jamais dit que j’étais le « porte-parole » de qui que ce soit, je ne fais que donner mon avis, rien de plus, et tu as le droit de ne pas être d’accord avec moi (et inversement)…

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  • Par Jean-Louis BOUDET 20 avr 2012 - 10 H 15

    Je ne connais pas feu Richard Descoing, il me semble que cet homme agissait intelligemment aux postes qu’il occupa.

    Il œuvra à la prise en charge efficace des malades du Sida.
    Sa gouvernance de Sciences Po. brisa les tabous : l’intelligence comme les beaux culs n’est pas le privilège exclusif des riches.

    Permettre à des « racailles » de s’instruire et de postuler à la haute fonction publique vaut mieux que tous les discours convenus des politicards et militants de tous bords.

    Des actes pas de blabla ! Qu’il fut homo, marié, pacsé n’ajoute ni ne retranche de ses qualités humaines.
    La connerie aussi est universelle : homo, bi, trans, faut-il parader avec des plumes de paon au cul ?
    Mes idiosyncrasies varient selon l’humeur et les circonstances, ne concernent que ceux et celles qui les partagent.

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  • Par Navarro 20 avr 2012 - 10 H 57

    Merci Christophe … Voilà qui calmera peut être les cris d’orfraies de certains ? Je voulais ici dire à Phil86, bravo pour ta réponse à Phil85… Il faudrait aussi arrêter de penser que nous n’avons pas le droit de vivre notre différence… Oui cette société est homophobe, particulièrement le gouvernement depuis cinq ans ! Mais, je n’ai jamais cherché à cacher quoi que ce soit. Dès que j’ai compris que j’aimais les gars, j’ai continué à vivre avec ma différence et lorsque les questions se faisaient trop intimes, c’est naturellement que je disais ma vérité ! Je n’ai jamais eu besoin de vivre dans ma communauté car bien souvent rejeté par elle parce que le gabarit ne correspond pas aux critères de sélection de cette famille plutôt sectaire et qui aime à vivre entre soit.Alors ma vie d’homo, je l’ai intégré dans les bars hétéros de la vie et je pense qu’il serait temps que l’on fasse voler en éclats les murs du ghetto dans lequel la classe dominantes nous a poussés à vivre. Ayons le courage de partager des points de vies différentes mais soyez seulement vigilant à la manière de faire passer la pilule, les coups peuvent être rudes mais je pense que ça vaut la peine… fréd N, sans haine.

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  • Par Communard 20 avr 2012 - 22 H 44

    @yagguser qui a écrit « Au fait, Christophe (Martet), vous considérez-vous comme un journaliste ? »

    Je ne sais pas s’il s’agit de provocation ou d’une volonté d’être désobligeant… Peu importe. Oui Christophe Martet est un journaliste expérimenté mais aussi engagé. Mais hormis les journalistes du Figaro, quel journaliste n’est pas engagé ;) ?

    Ceux qui prétendent le contraire – un peu comme les maires sans étiquette – sont les agents de la politique dominante, écrirait Brecht.

    Au cours de ses 29 ans de carrière, Christophe Martet s’est engagé contre le vih qui concerne tout le monde et pour les LGBT. Il en a payé aussi le prix. On pourra se souvenir de son intervention mémorable et justifiée, en direct, lors d’un Sidaction dans les années 90, au paroxysme de l’épidémie chez les homos. Par ailleurs, ses articles à Libé ont toujours été lus par les sida-concernés avec attention du fait de leur expertise.

    Christophe Martet a donc un pied dans l’Histoire LGBT et l’autre, dans l’actualité LGBT. On peut être d’accord avec ses écrits ou les réprouver. Mais je ne pense pas que les attaques ad hominem grandissent celui qui en est l’auteur. Ce qui souligne, une fois encore, la nécessité de vrais Historiens de l’Histoire LGBT pour faire la part des choses entre les faits et la polémique.

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  • Par Communard 20 avr 2012 - 23 H 56

    Au passage, il n’y a aucune connivence et aucun conflit d’intérêt entre moi et Christophe Martet que je ne connais qu’à travers ses articles de journaliste et qui ne me connaît pas. Mais c’est un journaliste que je « suis » depuis longtemps déjà et que j’apprécie de citer à l’ESJ quand c’est pédaogiquement utile.

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  • Par Communard 21 avr 2012 - 0 H 04

    @phil86

    « nous homos de base avont besoin de modeles positifs dans la haute qui nous donnent envie de nous assumer »

    C’est qui un « homo de base » ? Un employé de sauna ou de bar employé à temps partiel, avec des revenus en-dessous du seuil de pauvreté ?

    C’est qui l’homo de « la haute » ?

    Un médecin hospitalier ou un professeur de lycée qui gagnent moins de 2000 euros par mois ?

    Précise tes critères pour la clarté du débat. Merci.

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  • Par Chris 21 avr 2012 - 20 H 12

    Mon dieu je fais des fautes (qui manquaient*….) gloups ;p
    Pour moi Christophe Martet a tout dit, sa conclusion est parfaite car il met clairement en évidence les véritables fautifs de l’homophobie, ceux qui y contribuent et qui divisent le pays ! Le président actuel et toute sa clique en première ligne ! La crise économique a bon dos. C’est parce que les hommes et femmes politiques ont l’exigence de l’intérêt général en démocratie qu’ils doivent rendre des comptes aux citoyens et citoyennes que nous sommes, ne l’oublions pas ! Le bilan politique de Nicolas Sarkozy est lamentable, d’autant plus lamentable sur les questions de sociétés nous concernant tous et toutes hétéros comme homos. Il a fait le choix d’une politique de privilèges.
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