Société | 14.04.2012 - 15 h 28 | 0 COMMENTAIRES
Discrimination des LGBT au travail: l’incompréhensible décision de Barack Obama
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Le président américain a rejeté la demande de 72 parlementaires de signer un décret interdisant les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre sur le lieu de travail.

Début avril, 72 membres du Congrès américain ont écrit au Président Barack Obama pour lui demander de signer un décret qui interdirait aux entreprises qui ont des contrats avec l’État fédéral de faire preuve de discrimination à l’encontre de leurs employé-e-s en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

«Ce décret instaurerait des protections importantes sur le lieu de travail pour des millions d’Américain-e-s, souligne la lettre, tout en préparant le terrain pour l’adoption par le Congrès de l’Employment Non-Discrimination Act (Enda), objectif que nous partageons avec vous.»

Après l’abrogation de la politique Don’t ask, Don’t tell (DADT), qui interdisait aux militaires homos de servir ouvertement dans les forces armées, et l’ordre donné au ministère de la Justice de ne plus défendre devant les tribunaux l’interdiction du mariage aux couples de même sexe (lire Barack Obama dresse son bilan pro-LGBT dans «The Advocate»), la demande aurait pu paraître simple. Barack Obama a pourtant décidé de ne pas signer le décret, s’attirant la colère des militant-e-s LGBT, jusque chez ses plus proches soutiens.

L’argument répété par la Maison blanche est la volonté de voir ces dispositions adoptées par le Congrès. Pour Don’t ask, Don’t tell, déjà, Barack Obama avait insisté sur une abrogation par voie légale plutôt que judiciaire. En l’espèce, il espère toujours du Congrès. Et ce, bien que plusieurs versions de la proposition de loi y aient été présentée en vain depuis 1994 (la version la plus récente a été déposée en avril 2011).

Pourtant, en 2010, dans un entretien au magazine LGBT The Advocate, Barack Obama expliquait que si certains sujets, comme la question de la non-discrimination à l’embauche, avaient du mal à être adoptés par le Congrès, un certain nombre d’avancées pouvaient se faire sans passer par la loi, notamment par voie administrative.

La Maison blanche a beau assurer que le refus de Barack Obama n’est en rien lié au fait que 2012 soit une année d’élection présidentielle, les activistes LGBT n’y croient pas.

«Nous sommes extrêmement déçu-e-s par cette décision et continuerons à nous battre pour ce décret», a affirmé Joe Solmonese, président de Human Rights Campaign (HRC) et l’un des 35 «co-chairs» de la campagne de Barack Obama. Pour Tico Almeida, président de l’association Freedom to Work, «c’est un calcul politique, ce n’est pas une question de fond». «Il est impossible que Enda soit adopté par ce Congrès», a pour sa part déclaré Winnie Stachelberg, vice-présidente du think tank Center for American Progress (proche de la Maison blanche).

La conférence de presse du porte-parole Jay Carney:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Carney on executive order (cliquez ici pour la retranscription)

Photo White House / Pete Souza (Le Président Barack Obama et le vice-Président Joe Biden à la Maison blanche, le 3 avril)

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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