Invité ce mercredi 11 avril de la Matinale spéciale présidentielle de France Inter, François Bayrou a répondu aux questions des auditeurs/trices. L’une des questions posées portait sur l’homoparentalité et ne se voulait pas «piège»: «Est-il exact que vous soyez sympathisant des couples d’homosexuels qui veulent adopter des enfants?», a demandé Claude, de Nice (à partir de 3’39). Pour Claude, cela ne ressemble pas au candidat du MoDem à la présidence de la République.

«Je voudrais que vous fassiez le chemin avec moi, que j’ai fait pendant des années pour réfléchir à cette question-là, commence François Bayrou. Donc ça va nous prendre 2 minutes mais ce sont 2 minutes utiles. Ne riez pas c’est assez important, et c’est quelque chose qui mérite d’être pris avec le poids de la vie. Quand on parle d’homoparentalité, quand on parle de l’exercice de l’éducation par des parents sur des enfants et que ces parents sont homosexuels, il est en France des centaines de milliers d’enfants qui sont élevés par une père ou par un mère (sic) homosexuels, qui les ont eu avant de révéler leur homosexualité ou avant même de découvrir leur homosexualité. L’homoparentalité, donc, elle existe. C’est la réalité de la vie de beaucoup d’enfants de tous âges qui nous écoutent. Et il y en a des dizaines et peut-être des centaines de milliers. Premier point.»

«Deuxième point, poursuit-il, l’adoption par un parent célibataire est autorisée en France depuis 1966. Ça veut dire un demi-siècle. Et depuis 1966, il y a donc des femmes ou des hommes célibataires qui adoptent et quand ils sont homosexuels, ce sont des adoptions homosexuelles.

«Et ce sont aussi des gens qui font tout ce qu’ils peuvent pour bien élever leurs enfants, c’est pas si facile d’élever les enfants, même dans un couple hétérosexuel, ou normal selon vos critères.

«Alors il reste une 3e question. Quand un enfant a été adopté ou est venu au monde et qu’il est élevé par deux parents, deux hommes ou deux femmes, est-ce qu’il faut reconnaître le lien avec le 2e parent? Et bien je réponds que dans l’intérêt de l’enfant, il faut le reconnaître, parce que si vous ne le reconnaissez pas, qu’est-ce qui arrive quand le parent officiel meurt? On renvoie les enfants à l’orphelinat? Et donc madame, j’ai entendu l’émotion qu’il y avait dans votre voix, parce que tout cela c’est des sujets intimes et qui quelques fois peuvent bouleverser… Je veux vous dire ceci: le seul chemin, la seule porte d’entrée dans cette question, c’est l’intérêt de l’enfant.

«Vous n’allez pas, simplement parce que leurs parents sont homosexuels, les remettre à l’orphelinat.

«Alors ayons à la fois ce réalisme et cette générosité de reconnaître que ces enfants-là sont des enfants élevés du mieux qu’ils peuvent, comme tout le monde élève ses enfants, et qu’il est important de reconnaître le lien avec le 2e parent quand ils sont élevés par 2 parents.»

François Bayrou est donc favorable à la reconnaissance du parent social. Il n’a en revanche pas répondu à la question de l’adoption par des couples de même sexe. Une prochaine fois?

Via Red.