Une chronique très chocolatée pour le week-end pascal mais sans cloches.

Cocotte. Plus tendance mêlée ouverte que chocolat. Le rugby, ce week-end, est européen, avec la H Cup, la Coupe d’Europe. Quart de finale demain entre le Stade Toulousain et Edimbourg. À chacun son histoire. Les Toulousains emmenés par Thierry Dusautoir, Timoci Matavanou ou Yannick Jauzion, espèrent du doublé champions de France/champions d’Europe. Ils l’ont fait une fois en 1996. Depuis, ils ont encore enquillé les titres nationaux (5) et continentaux (3).

Vue d’Écosse, la partie est un morceau d’histoire. Jamais un club du cru ne s’est qualifié pour une demi-finale de H Cup. 11 confrontations entre les deux adversaires, une seule victoire d’un club qui compte environ la moitié de l’équipe nationale.

Seule la victoire est belle, peut-être, mais à y regarder de plus près, elle est parfois acquise de justesse. Les Écossais sont des joueurs imaginatifs, des gars qui pensent le rugby comme un jeu de mouvement, de vie: incessante valse du ballon d’un bout à l’autre du champ, des percées et des saillies, entre impacts et combat. On aime le paradoxe même si l’appétit de vie use souvent trop vite. Comme un symbole, les lumières du XV au chardon pendant le Tournoi des Six Nations pour terminer l’hiver avec cinq défaites.

Easter Bunny. Où l’on reparle des sœurs Williams au pluriel et cela fait plaisir. Les Williamses, comme les appellent parfois les médias américains, sont toutes deux en quart de finale du tournoi de Charleston, une première dans ce rendez-vous américain sur terre battue. Comment ça va les filles? Venus, 31 ans, dispute en Caroline du Sud sa deuxième compétition après une absence de six mois. Elle avait annoncé en septembre souffrir du syndrome de Sjögren, une maladie auto-immune qui l’épuise: «Que Venus continue à jouer et à tout donner malgré ce qu’elle traverse, cela me donne de l’espoir et cela m’inspire», a expliqué Serena au tournoi de Miami. La cadette (30 ans) va cahin-caha, semble avoir un petit spleen qui transparaît parfois dans des tweets avant d’être vite noyé dans une bonne humeur et des envies de bouger son corps. Ainsi, cette pub pour une nouvelle playlist pour la gym, imaginée par Serena.

Sinon, Serena est devenue végane, par solidarité avec sa sœur, mais, glissent-elles, ne sont pas trop strictes avec leur nouveau régime, elles sont plutôt «cheagan» (contraction de «cheat» – tricher – et «vegan»), comme Serena l’a confessé.

Les deux sœurs visent les Jeux olympiques où elles sont double tenantes du titre en double. Pourquoi c’est un plaisir de les retrouver? Parce que ces filles pimentent encore le circuit avec leur jeu et leurs à-côtés. Un article sur le blog tennis du Figaro en fait un amusé tour de la question. Parce que le circuit féminin retrouve des couleurs et peut enfin, à la grâce de retours de blessures, de maladies, mêler les générations: de la jeunesse de Victoria Azarenka (22 ans), actuelle première mondiale, à l’expérience de sa dauphine, Maria Sharapova (25 ans mais déjà une longue carrière), la fougue de Samantha Stosur ou d’Agnieszka Radwanska et celle, donc, des Williams. De bon augure pour les Internationaux de France de Roland Garros (27 mai-10 juin).

Easter Bunnies (bis). Quart de finale de la Coupe Davis ce week-end entre la France et les États-Unis au Monte Carlo Country Club de Roquebrune avec John Isner en chef de file américain et les Français Gilles Simon ou Jo-Wilfried Tsonga. Cette année marque aussi la dernière campagne du capitaine Guy Forget qui a amené ses équipes à la victoire en Coupe Davis en 2001 et en Fed Cup en 2003. Il avait marqué le dernier point de la désormais légendaire finale de 1991 à Lyon où la France avait emporté la compétition pour la première fois depuis 59 ans, en battant… les États-Unis.

Les trois points de la victoire en 1991:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez ici Leconte Sampras Davis Cup 1991

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez ici Leconte Forget Flach Seguso Davis Cup 1991

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez ici Forget Sampras Davis Cup 1991

Chocolat. C’est déjà fini pour Martina Navratilova dans Dancing With The Stars. On le craignait après la première émission, la championne de tennis est sortie de l’émission. Une bévue dans les 10 premières secondes d’un numéro d’une grosse minute. Grosse déception de Tony Dolovani, son partenaire qui a visiblement beaucoup apprécié son élève: «Les répétitions, c’est ce qui va me manquer le plus, a-t-il expliqué. À chaque séance, je pouvais me rendre compte de son enthousiasme, elle ne trichait pas. Ce n’était pas facile pour elle et elle a donna tout ce qu’elle a pu. C’est aussi pour cela que je suis déçu. Je pense que si le public avait pu voir tous les efforts et le boulot qu’elle a consent, je pense qu’il l’auraient mieux appréciée.»

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Martina qui n’a rien perdu de son énergie. Sur le compte twitter qu’elle avait créé pour l’émission, elle interroge: quand les femmes auront-elles droit de cité dans le Augusta National Golf Club, théâtre des Masters de golf qui ont lieu ce week-end? Les Masters, c’est le plus prestigieux des rendez-vous du circuit masculin: le gagnant endosse une veste verte à la fin et une bonne place dans la postérité du golf.

Ce club n’accepte pas de femmes, c’est un serpent de mer aux États-Unis et le club résiste, malgré de nombreuses pressions, tentatives de conciliation. Cette année, c’est une autre paire de manche. IBM, l’un des sponsors historiques de la compétition, est dirigé par une femme, Virginia Rometty. Or, ces dernières années, les PDG d’IBM, tous des hommes, sont devenus membres du club. L’affaire a même bordé la campagne pour l’élection présidentielle américaine. Interrogés sur la question, Barack Obama et le candidat aux primaires républicaines Mitt Romney sont d’accord pour l’ouverture aux femmes. Mais le club fait la sourde oreille. Virginia Rometty, elle, devrait ne pas poser de lapin au tournoi.

Creme egg. Dans la version suédoise de l’émission des stars qui dansent, Let’s Dance, le footballeur ouvertement gay Anton Hysén a débuté par un cha cha cha:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Let’s dance Anton Hysén

Et il passe son temps à partager des photos de l’aventure, comme celle-ci:

anton hysen

Friture. Comme des poissons dans l’eau les footballeuses de l’équipe de France qui sont toutes proches d’une qualification directe pour l’Euro 2013 après leur belle victoire sur le Pays de Galles, mercredi soir (4-0, triplé d’Elodie Thomis). C’est peut-être tartignole de l’écrire comme ça, tant pis: ces filles sont des artistes, des puristes du jeu. Regarder Elodie Thomis contrôler un ballon, Louisa Necib briller dans le passement de jambes, Laura Georges glisser un tacle, est simplement beau à regarder. Final d’un voyage à Caen, entre signatures d’autographe, déjeuner avec Laurent Blanc, sélectionneur de l’équipe de France masculine. Une escale racontée par l’entraîneur des bleues Bruno Bini sur le site de la Fédération française de football où l’on peut aussi trouver des photos souvenir. Les deux derniers matches de qualification auront lieu les 15 et 19 septembre contre l’Irlande et l’Écosse.

Le football féminin trouve de nouveaux adeptes. Ils/elles étaient près de 19000, mercredi, au stade Malherbe de Caen et un peu plus d’un million de téléspectateurs devant Direct 8. Au-delà de l’effet de mode. Il progresse, aussi, dans ses ambitions sportives. On est ici devant une formation qui a été demi-finaliste de la Coupe du monde 2011, qui prépare les Jeux olympiques cet été à Londres.

Jardin. Pendant le week end de Pâques, Paris accueille la 24e édition du tournoi de volley-ball lesbien Ladies Euro Volley Tournament. L’association sportive LGBT Contrepied, qui organise cet événement pascal, annonce 400 lesbiennes en délire venues de toute l’Europe, voire d’outre-Atlantique. Tout le programme est sur le site officiel. Vous pouvez aussi lire ou relire l’interview de Chris Fanuel, co-organisatrice, sur Yagg Sortir.

Et il y a même une choré à réviser (sur la chanson de la campagne Let’s Move de Beyoncé) pour la grande fête de dimanche soir:

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Ladies EuroVolley Paris 2012 Flash Mob “Let’s Move”

Poussins. Sensibiliser et éduquer, cela commence très tôt. C’est tout simple, mais il faut le faire. Parler aux enfants, cela fait partie des actions menées par le Paris Foot Gay comme le montrent les images d’un documentaire diffusé ce vendredi soir à 22 heures sur Pink TV sur cette association qui lutte contre l’homophobie dans le foot, dans le sport, contre les discriminations. Il y a l’histoire du Paris Foot Gay et avec elle, en filigrane, l’homophobie dans le sport. Une lutte permanente entre ce qu’il y a de plus beau et de plus sombre.

En quête de cette lumière, les combats du Paris Foot Gay sont opiniâtres, émouvants et aussi joueurs. On est aussi ici par amour du football, rappelle le documentaire, sobrement intitulé Le Paris Foot Gay. Le sport est d’abord un jeu. Les images rappellent simplement qu’il recèle des trésors. Bon week-end.

Photos DR / Antonio Mesa/FFF