Partant du constat qu’il n’existe que très peu de données sur les personnes LGBT en Europe, l’Agence des droits fondamentaux (ADF) de l’Union européenne a lancé lundi 2 avril la toute première enquête en ligne à échelle européenne.

Toutes les personnes LGBT de 18 ans et plus qui vivent dans l’Union européenne ou en Croatie (qui entrera dans l’UE le 1er juillet 2013) sont ainsi invitées à répondre à cette enquête – anonyme et disponible dans toutes les langues de l’UE – sur les discriminations, l’homophobie et la transphobie, les violences et harcèlements; mais aussi les droits, le contexte social, la santé, les expériences personnelles… L’objectif de cette étude est d’établir une sorte de photographie représentative de la vie des LGBT au sein de l’Union européenne.

Les résultats serviront à développer de nouvelles politiques d’égalité des droits et de lutte contre les discriminations dans l’Union européenne. Les responsables politiques des 27 pays membres et de l’Union européenne auront ainsi à disposition un outil précis pour mettre en place des politiques et des lois qui garantissent l’égalité des droits et protègent les personnes LGBT.

UNE INITIATIVE LARGEMENT SOUTENUE
L’ILGA-Europe se réjouit de la mise en place d’une telle étude et parle d’une «opportunité historique» de témoigner de la réalité des discriminations auxquelles les LGBT sont confronté-e-s. L’association rappelle dans un communiqué qu’«actuellement dans l’Union européenne, des personnes ne sont pas protégées contre les discriminations dans des domaines tels que l’accès aux biens et services, au logement; que les violences et harcèlements homophobes et transphobes se produisent de façon récurrentes à travers l’Europe (…) et que les motivations homophobes et transphobes dans les crimes haineux ne sont toujours pas reconnues dans la moitié des pays membres de l’UE».

«Alors que dans certains pays membres les personnes LGBT ont la chance de jouir de droits égaux et de protection contre les discriminations, dans d’autres elles n’ont pas la possibilité de lutter contre ces mêmes discriminations», insiste l’association.

Un avis partagé par le Centre LGBT Paris IdF qui voit dans cette enquête une opportunité «de dresser un état des lieux le plus précis possible afin que soient adoptées des mesures efficaces pour lutter contre les LGBT phobies et parvenir à une réelle égalité des droits».

Cette initiative reçoit également le soutien de l’Intergroupe sur les droits LGBT du Parlement Européen: «Cette nouvelle étude devrait [nous] apporter des données comparatives dans les domaines des discriminations, des comportements haineux et de la protection légale. De telles informations sont nécessaires pour prendre des décisions politiques et juridiques dans de nombreux domaines, tels que les libertés civiles, les affaires intérieures, la santé, les politiques d’emploi… qui font partie des domaines de compétence de l’Union européenne. Ces données aideront également deux autres institutions européennes clés: la Commission européenne et le Conseil de l’Union européenne, qui pourront faire des propositions législatives pertinentes».

«Cela va nous ouvrir les yeux (…) sur la véritable situation des personnes LGBT en Europe aujourd’hui», ajoute Michael Cashman, député européen et co-président de l’Intergroupe.

«POUR QUE TON EXPÉRIENCE COMPTE»
Afin de donner du poids à cette enquête, l’Agence des droits fondamentaux compte sur une participation massive de lesbiennes, de gays, de bisexuel-le-s et de trans’, la plus large et la plus variée possible dans chaque pays de l’Union. Elle rappelle l’importance de la relayer par email et de la partager sur les réseaux sociaux. Les seules conditions à remplir pour y répondre sont d’avoir plus de 18 ans et de vivre dans un pays de l’Union européenne ou en Croatie.

«Quelques-un-e-s de nos opposant-e-s nient régulièrement que les personnes LGBT font l’objet de discriminations, ou considèrent que ces discriminations sont insignifiantes», rappelle l’ILGA-Europe, qui «encourage tous les individus qui s’identifient comme LGBT à prendre part à cette enquête importante».