Samedi 31 mars, à partir de 18h, aux Folies Bergère, à Paris, aura lieu le Meeting LGBT pour l’Égalité, organisé par la campagne Égalité LGBT 2012, qui regroupe l’Inter-LGBT, la Fédération LGBT et la Coordination InterPride France (CIF). Une grande première qui réunira militant-e-s ou simples sympathisant-e-s venant de toute la France ainsi que les candidat-e-s à l’élection présidentielle ou leurs représentant-e-s. L’entrée est libre mais la réservation est conseillée.

JEAN-LUC MÉLENCHON ET EVA JOLY CONFIRMÉ-E-S
À l’heure où nous écrivons ces lignes, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole de François Hollande) et Fadila Méhal (de l’équipe de campagne de François Bayrou) ont confirmé leur présence.

Nicolas Gougain, porte-parole de l’Inter-LGBT et co-présentateur avec Marie Labory de la soirée explique pour Yagg les enjeux d’un tel rassemblement.

Comment est née l’idée de ce meeting et quels sont ses objectifs? Lorsque nous avons planché dès septembre 2011 sur la manière dont nous souhaitions mener l’interpellation des candidat-e-s à la présidentielle, nous souhaitions faire différemment des autres années. En 2007, l’Inter-LGBT avait envoyé, seule, son questionnaire écrit aux candidat-e-s et publié les réponses dans les 10 jours précédant le premier tour. Pour 2012, nous avons voulu changer de mode opératoire en co-construisant une campagne et un site internet commun aux trois grandes fédérations d’associations LGBT (www.egalitelgbt2012.fr) et un grand meeting national pour imposer les questions LGBT dans l’agenda politique de la campagne.

C’est la première fois qu’un événement de cette ampleur réunissant l’Inter-LGBT, la Fédération LGBT et la Coordination Interpride France est organisé. Comment se passe ce travail en commun? Nos trois structures sont organisées et fonctionnent différemment. Pour autant, nous avons trouvé le moyen de nous rencontrer régulièrement ces derniers mois, à Paris fin novembre pour acter solennellement nos engagements dans cette campagne commune et plusieurs fois en région pour faire des points d’étape sur l’avancement du projet (à Montpellier, Marseille et Bordeaux). Ce qui a pris le plus de temps, c’est la validation des revendications communes. Les textes ont fait de nombreux allers-retours entre les différentes associations participant à la campagne afin de s’assurer que nous parlions d’une même voix, que nous ne laissions rien sur le côté. Depuis, nous sommes régulièrement en lien pour faire le point sur tout ce qu’il reste à faire: les derniers préparatifs pour le meeting mais aussi tout le reste de la campagne (tracts communs, communication, législatives par la suite…). On peut dire qu’un noyau dur de responsables associatifs LGBT s’est constitué autour de cette campagne, c’est extrêmement positif et prometteur pour la suite!

Les questions LGBT te semblent-elles suffisamment abordées lors de cette campagne électorale? On ne parlera jamais assez des questions LGBT. Toutefois, j’ai le sentiment qu’on en parle plus et mieux qu’en 2007. Je pense que l’on peut mettre ça au crédit des associations d’une part mais aussi d’une attente sociale qui se fait de plus en plus forte. Alors que presque chaque mois un nouvel État américain ouvre le mariage aux couples de même sexe, que les sondages d’opinion démontrent que les Français-e-s sont prêt-e-s, l’attente se fait de plus en plus insupportable – pour les couples, pour les familles homoparentales, pour les personnes trans’, toujours obligées de vivre un véritable parcours du combattant pour avoir un état civil conforme à leur genre.

La principale difficulté pour les associations est de sortir de traditionnel «mariage et adoption» et d’arriver à faire parler non seulement des problématiques vécues par les couples de même sexe et les familles homoparentales mais au-delà, du vécu des personnes trans’ et des discriminations dont les LGBT sont la cible dans leur vie quotidienne (au travail, à l’école…). D’ailleurs, il serait maladroit d’opposer la lutte contre les discriminations et celle pour l’égalité des droits. Ces deux combats sont éminemment complémentaires. En effet, comment lutter efficacement contre les discriminations si la loi consacre toujours la supériorité des hétéros sur les LGBT en matière vie de couples ou de vie familiale par exemple?

On connaît déjà les positions des candidat-e-s sur ces questions. Qu’est-ce que le rendez-vous de samedi peut apporter de plus? Le meeting permettra de faire un focus sur les questions LGBT dans le cadre de la campagne. Au lieu d’une petite phrase dans tel ou tel meeting, nous parlerons toute une soirée de nos sujets. Cela forcera aussi les candidat-e-s à rentrer dans le détail de leurs propositions. Le direct impose une préparation particulière. Rien à voir avec les questionnaires écrits, la parole publique est engageante! Et puis, cela peut être l’occasion pour les candidat-e-s de préciser des points de programme, peut être de faire de nouvelles annonces. À eux de se saisir de ce temps de parole exclusivement consacré aux questions LGBT.

Un tel événement a-t-il également pour objectif de mobiliser une communauté LGBT à l’occasion d’une actualité forte? Notre mobilisation et notre ambition à travers la réalisation de ce projet est, je crois, à la hauteur des attentes des LGBT. Depuis 12 ans et le vote du pacs, il n’y a eu aucune réforme législative majeure pour les LGBT. Il est temps de redire que l’égalité n’attend plus! J’espère que les LGBT et toutes celles et ceux qui sont attaché-e-s à l’égalité se mobiliseront massivement pour aller voter. Nos fédérations d’associations vont lancer prochainement une campagne d’incitation au vote. Si nous tenons à ne pas donner de consignes de vote, pour autant, nous comptons bien informer au mieux les électrices et les électeurs pour qu’ils fassent leur choix en connaissance de cause.