Culture & Loisirs
Ciné | 28.03.2012 - 14 h 06 | 4 COMMENTAIRES
Andrew Haigh, réalisateur de «Week-end»: «Les sujets qui touchent les homos ont changé en même temps que la société»
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Le bouleversant «Week-end» sort ce mercredi sur les écrans. Interviews de son réalisateur et de Chris New, l'un des deux acteurs principaux.

Ce mercredi 28 mars sort sur les écrans Week-end, d’Andrew Haigh, un film que vous avez pu découvrir en avant-première au Jeudi, c’est gay-friendly! de Yagg jeudi dernier.

Acclamé par la critique et couvert de prix dans de nombreux festivals (Los Angeles, San Francisco, Toronto…), Week-end raconte l’histoire d’une rencontre toute simple entre deux gays, une aventure d’un soir qui va se révéler beaucoup plus importante pour les deux personnages…

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur Week-End d’Andrew Haigh – Trailer Officiel (VOSTF)

Andrew Haigh (photo en début d’article), cinéaste britannique qui signe ici son deuxième film après l’épatant documentaire Greek Pete, en dit plus pour Yagg. Interview.

Andrew, peux-tu nous parler de ce que tu as fait avant Week-end? Andrew Haigh: J’ai étudié l’histoire à l’université et passé beaucoup de temps à travailler dans l’industrie du cinéma. J’ai eu plein de métiers mais principalement comme assistant-monteur sur de nombreux films, quelques-uns très importants comme Gladiator [de Ridley Scott], d’autres plus petits et plus indépendants.

J’ai aussi pris du temps pour passer un an à suivre des cours de réalisation à Los Angeles. Pendant tout ce temps, j’ai également réalisé pas mal de films courts qui ont parcouru les circuits festivaliers.

Dans Greek Pete, ton long métrage documentaire qui suivait un an de la vie d’un escort boy gay, il y a à la fin une sorte d’histoire d’amour salvatrice, et dans Week-end, c’est le début d’une histoire d’amour. Es-tu un romantique? Je ne dirais pas que je suis spécialement romantique. Je pense que je suis assez réaliste. Je crois que les gens peuvent se connecter les uns aux autres et peuvent ainsi s’offrir mutuellement des choses qui les rendent heureux. Mais je ne crois pas à la fatalité et au fait que chacun soit destiné à une personne, ce qui est pour moi un peu ce que la romance veut dire aujourd’hui pour beaucoup de gens.

Est-ce que les sujets comme le coming-out ou l’homophobie sont encore des enjeux pour toi et l’étaient-ils dans l’écriture de Week-end? Je pense que les sujets qui touchent les homos ont changé en même temps que la société. Le coming-out, l’homophobie, sont toujours des sujets qui garantissent la discussion et l’exploration mais je voulais les traiter ici d’une façon différente. Ce n’est pas un film sur ces sujets mais leur ombre porte sur le déroulement des événements et sur les personnages comme c’est le cas sur les gays en général.

La boîte de nuit de la rencontre initiale ne semble pas être un club branché, la drogue est un élément de facilitation de la parole plus que de fête et de danse… Comment as-tu évité les clichés et le jugement moral? Je pense que je ne suis une personne qui juge. Les gens sont complexes et imparfaits et ils essaient de vivre leur vie le mieux qu’ils peuvent. Je pense qu’une fois qu’on comprend cela, on ne ressent plus le besoin de juger. J’aime aussi adopter un point de vue objectif dans mes films. Je veux que le public se fasse son propre avis sur les personnages. Je les lui présente tels que je les vois et le laisse décider s’il est d’accord ou pas avec les motivations exprimées. J’imagine que quelqu’un qui a le jugement facile pensera que les personnages prennent trop de drogue mais cela nous en apprend plus sur le spectateur que sur quoi que ce soit d’autre!

Comment as-tu travaillé avec les deux comédiens? Y a-t-il eu des scènes improvisées? Comment ont-ils construit cette intimité? On a bien sûr utilisé des éléments d’improvisation mais plus que cela, il fallait, comme tu dis, créer une intimité entre eux et cela n’apparaît pas juste comme ça. Nous avons eu à la faire exister. Ils ont dû être ouverts et honnêtes l’un envers l’autre, être préparés à essayer tout ce qui leur passait par la tête sans avoir peur de faire des erreurs. Il faut toujours laisser les personnes apporter leurs propres idées, elles sont toujours meilleures que les siennes.

Quels sont tes projets? Une fiction? Tout est top secret!

CHRIS NEW: «C’ÉTAIT UN ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL IDÉAL»

Yagg a également interviewé Chris New, l’un des deux acteurs principaux (avec Tom Cullen) de Week-end.

Chris, comment as-tu réagi à la première lecture du scénario de Week-end? Chris New: À la première lecture, ce qui était très clair, c’est à quel point c’était brillamment écrit. Au-delà de l’intérêt du sujet, il était évident qu’Andrew était très talentueux et que j’avais très envie de le rencontrer.

Le sujet m’attirait beaucoup. Je n’avais jamais lu un script qui concernait à ce point les gays mais, qui en même temps, ne se limitait pas à être un script gay! C’était juste un super script pour ce qui promettait de devenir un super film!

Comment as-tu appréhendé ce premier rôle pour le cinéma? J’ai été diplômé d’une école d’art dramatique en 2006 et j’ai principalement joué au théâtre depuis lors avec beaucoup de plaisir et de chance. J’ai toujours eu envie de faire un pas vers le cinéma car j’ai toujours adoré les films, mais le théâtre est plus instinctif et me convenait mieux en tant qu’acteur.

Avant de rencontrer Andrew, je n’avais jamais vraiment trouvé un scénario que je trouvais parfait pour moi ou un réalisateur avec qui je sentais une connexion assez forte. Heureusement, j’ai interprété quelques rôles pour la télévision qui m’ont permis de m’entraîner et de comprendre comment les choses se tournaient donc j’avais cette expérience qui m’a aidé à être confiant. J’ai maintenant 30 ans et je m’améliore avec l’âge!

Comment as-tu travaillé pour créer cette intimité avec Tom Cullen, ton partenaire dans le film? La connexion de jeu avec Tom était présente dès notre première lecture commune. C’était une connexion heureuse et simple. Pendant le tournage, nous sommes au maximum restés chacun de notre côté, ce qui nous permettait d’être tous les deux extrêmement concentrés pendant le jour J. Il fallait rester le plus détendu possible. Andrew et Tristan, le prodcuteur, ont rendu tout cela facile par la façon qu’ils ont eu de décider de chaque élément du tournage: l’équipe réduite, le choix des personnes, l’ambiance qu’ils ont mis sur le plateau, c’était un environnement de travail idéal.

T’es-tu retrouvé dans cette histoire? Je ne suis pas vraiment comme Glen mais je comprends son point de vue et sa façon d’être. C’est un fan de Morrissey et tous ceux qui écoutent Morrissey sauront ce que je veux dire par là…


Quels sont tes projets? Je ne sais pas encore quand je referai un film, mes décisions dépendent des scenarii. Je suis retourné sur scène depuis Week-end et je me fais plaisir. Le théâtre, c’est mon terrain de jeu et, par chance, j’en vis. J’apprends tellement en jouant tous les soirs. C’est mon «chez moi». Ce qui signifie également que, lorsque le prochain scenario génial arrivera, je serai en condition et prêt à l’aborder au mieux.

Propos recueillis par Franck Finance-Madureira

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LES réactions (4)
  • Par Berti 28 mar 2012 - 14 H 49
    Avatar de Berti

    ce film est trop boooooo et les acteurs sont trop boooooo (voix de teubé mais sincère, j’ai vraiment adoré!!)

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  • Par HegartyZ 28 mar 2012 - 23 H 07
    Avatar de HegartyZ

    Hou moi aussi, et même le réalisateur est trop beau ! (Un perfect quoi ce truc )

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  • Par rismo007 29 mar 2012 - 12 H 08
    Avatar de rismo007

    Un très beau film avec de beaux acteurs surtout Tom Cullen.
    Allez voir….

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  • Par magreat 05 avr 2012 - 16 H 03

    bon film. qui donne envie de tomber amoureux-ses. Réaliste sur le monde merdique et la difficulté à se construire dedans, et réaliste aussi sur le bonheur de la rencontre, de vivre son désir, de se faire du bien à 2 et de se découvrir. en tant que LGBT ça nous parle pas mal je trouve. côté tendre et positif qui change du cynisme du réalisme blasé à la française!

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