Le ministère des Sports a informé la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL) qu’elle n’était pas en mesure de prétendre à une demande d’agrément. «Nous avons été pris au dépourvu avant même d’avoir présenté le dossier», constate Christelle Foucault, présidente de la FSGL. Le courrier, daté du 20 décembre, émane du cabinet du ministre David Douillet, qui semble en effet avoir voulu couper l’herbe sous le pied de la FSGL sans attendre sa demande d’agrément. À l’origine, la FSGL avait fait parvenir en octobre 2011 une demande d’informations par e-mail pour connaître «la procédure et les conditions relatives à la délivrance de l’agrément prévu à l’article L. 131-8 du code du sport», comme le rappelle la lettre du ministère. La réponse est donc tombée et la surprise est d’autant plus grande pour la FSGL que ses relations avec le ministère avaient été bonnes jusqu’ici et ne laissaient pas présager un tel revirement.

«INCOHÉRENCE»
«Après avoir consulté les textes susmentionnés, comme vous me l’avez suggéré, sur le site internet de la FSGL, il apparaît que les statuts ne sont pas conformes sur plusieurs points à l’annexe I-5  relative aux dispositions obligatoires des statuts des fédérations sportives agréées», peut-on lire dans la lettre, signée du directeur de cabinet de David Douillet, Richard Monnereau. Christelle Foucault réfute tout d’abord avoir suggéré d’aller vérifier les statuts sur le site de la FSGL. De plus, malgré les actions de la FSGL pour que ses statuts soient conformes au Code du sport, il semble que cela ne soit pas suffisant. «Nous avons créé une commission médicale pour être en accord avec le ministère et correspondre aux critères, mais on nous reproche justement de ne pas y correspondre. Il y a là une incohérence», note Christelle Foucault.

Enfin, toujours selon le courrier adressé à la FSGL, une fédération agréée doit avoir pour objet «l’organisation de la pratique d‘une ou plusieurs disciplines sportives», critère auquel la FSGL ne répond pas, selon le ministre. Pourtant la FSGL est en soit une fédération multi-sports regroupant elle-même 31 associations sportives qui, elles, correspondent tout à fait à ce point du Code du sport. «C’est paradoxal et frustrant» déplore la présidente de la fédération.

«UNE SITUATION ALÉATOIRE»
Concrètement, les conséquences du refus du ministre peuvent être lourdes pour la FSGL. Tout d’abord, elle perd la reconnaissance d’être une fédération comme les autres. L’agrément lui aurait notamment permis de recevoir le soutien financier du Centre national pour le développement du sport (CNDS). Sans lui, cette instance transmet directement les demandes de la FSGL au ministre qui décide si elle reçoit ou non des subventions. «Nous allons être dans une situation très aléatoire», explique Christelle Foucault, consciente que désormais les fonds accordés à la FSGL tomberont selon le bon vouloir de David Douillet.

«Nous allons retravailler le dossier avec les gens qui nous connaissent au sein du ministère pour voir comment nous sortir de cette situation», maintient la présidente de la FSGL. Contacté par Yagg, le ministère des Sports n’a pas encore réagi.

Via Têtu.com.