Brigitte Goldberg, l’une des 2 candidates trans’ à l’élection présidentielle (la 2e était Yvette Pirot, de l’Union populaire laïque), est venue chatter avec les internautes de Yagg et présenter son parti Avenir 2012, le 13 mars dernier.

Rachel: Quel est votre but, de devenir présidente de la République ? De créer un buzz? D’interpeler tous les politiques? Je ne vois pas bien où vous voulez en venir avec cette candidature, étant donné que la France va très très mal.

Brigitte Goldberg: Notre but est simplement de constituer pour le long terme une force de propositions, qui influera sur la politique des partis au pouvoir.

Emma: Soutenez-vous la mise en place d’une loi contre la discrimination de l’identité de genre (la transphobie)?

Brigitte Goldberg: Sans aucune réserve.

Anna: Bonjour. Combien de membres votre parti compte-t-il?

Brigitte Goldberg: Mon parti compte un peu plus d’un millier de membres. Le parti a été créé le 16 octobre 2010 et nous avons consacré toute notre énergie à la création de notre programme, qui a été publié le 10 mai 2011, date à partir de laquelle nous avons bénéficié d’une certaine médiatisation.

Anna: Pensez-vous présenter des candidats lors des prochaines élections?

Brigitte Goldberg: Bonjour Anna. Vous pensez aux législatives? Dans ce cas-là, ce n’est pas exclu.

Delphine: «Mon parti compte un peu plus d’un millier de membres.» Peut-on avoir les sources exactes d’un tel chiffre ?

Brigitte Goldberg: Nous avons un bilan comptable qui recense l’ensemble des dons et des cotisations faites à notre parti, que nous sommes tenus de remettre à la commission des comptes de campagne au moment voulu.

Jules: Bonjour. Étant moi-même en année de 3e au collège, j’aurais aimé savoir ce que vous pensez qu’il faut instaurer (et comment) dans les collèges pour sensibiliser les jeunes à la différence.

Brigitte Goldberg: Cette question fait plaisir. Nous avons dans notre programme une disposition visant à intégrer les problématiques LGBT dans les programmes scolaires. De plus nous pensons que la diffusion de brochures d’information auprès des parents d’élèves serait une excellente initiative. Dès l’entrée au collège, c’est une problématique qui doit être abordée en fonction de l’âge des élèves, comme ça a été le cas avec le fameux dessin animé Le Baiser de la lune, dont la diffusion avait été malheureusement censurée.

Natasha Cailleux: Vous êtes en opposition complète avec les recommandations aux États membres du Conseil de l’Europe, seriez-vous prête à débattre de ce fait, avec les représentants des communautés LGBT, car vous dites, je cite, «Nous ne prétendons pas représenter l’ensemble de la communauté mais simplement d’être fidèle à ses valeurs», trouvez-vous cela cohérent avec le respect, la liberté et la tolérance des personnes trans’?

Brigitte Goldberg: Nous trouvons notre position très cohérente dans le projet de loi figurant sur le site de notre collectif LGBT Trans Europe. Concernant le changement d’état civil, nous évoquons: «le consentement éclairé» de la personne faisant une demande de changement de sexe. Nous estimons normal de s’assurer que cette personne soit parfaitement consciente des changements irréversibles que cela va entraîner dans son existence, de s’assurer de son intégrité morale. D’autre part, nous pensons que l’absence de tout suivi médical fera sauter de joie la sécurité sociale, qui pourra ainsi exclure de sa nomenclature tous les actes nécessaires à la transition, ce qui entraînera tout simplement une discrimination économique entre les personnes.

Delphine: Quelle est votre position sur la dépsychiatrisation de la transidentité?

Brigitte Goldberg: Voir la réponse précédente.

Cyril: De quel-le autre candidat-e vous sentez-vous la plus proche?

Brigitte Goldberg: C’est une excellente question. Pour le moment d’aucun mais je connais ceux dont je ne sentirai jamais proche: Le Pen, Sarkozy, Dupont-Aignan. Nous mettons le respect des valeurs républicaines au dessus des valeurs idéologiques.

GG: Avez-vous vos 500 signatures?

Brigitte Goldberg: Pas pour l’instant. Nous n’avons pas engagé cette campagne dans le seul but d’être présents au premier tour. Nous avons engagé cette action dans le but de médiatiser les problèmes liés à la communauté LGBT et d’influer sur la politique des partis en présence dans ce domaine.

Marion: Concernant le projet de François Hollande d’imposer à 75 % les plus riches, y êtes-vous favorable?

Brigitte Goldberg: Je pense que ce projet est comme l’enfer, pavé de bonnes intentions. François Hollande veut mettre en avant l’exemplarité de la mesure, alors que cette mesure qui ne rapportera quasiment rien à l’État. Il devrait laisser la place à une refonte de notre fiscalité par une suppression des niches fiscales.

Nicolas: Avez-vous été approchée par d’autres candidat-e-s?

Brigitte Goldberg: Pas à l’heure actuelle. Par contre nous avons été approchés par l’entourage de certains candidat-e-s.

Maëlle: Comment les médias, surtout les généralistes, traitent-ils votre candidature?

Brigitte Goldberg: Il y a actuellement une équipe de la chaîne Ma Chaine Etudiante dans les locaux de Yagg durant ce chat. Si vous regardez la rubrique presse du site de notre parti, vous verrez que nous avons eu de nombreux articles dans la presse nationale et régionale ainsi qu’à l’étranger (Angleterre, Grèce, Roumanie, Chili, Ile Maurice).

Line: Pensez-vous que les questions trans’ sont suffisamment abordées dans cette campagne? Comment faire pour changer le cours des choses?

Brigitte Goldberg: Qu’on le veuille ou pas, les questions trans’ seront toujours à la remorque des questions LGBT plus générales, tout simplement parce que nous ne constituons qu’une très petite minorité. Dans un clip François Holllande a évoqué les questions LGBT en deux minutes et 13 secondes. Il n’en a consacré que 7 secondes à la problématique des personnes transsexuelles et transgenres. Pour changer le cours des choses, faisons de la politique!