Alors que Valérie Gas a fait savoir qu’elle ne renonçait pas au combat de sa famille (elle a déclaré à l’AFP qu’elle allait lancer une procédure d’adoption pour le petit frère de A), les associations LGBT sont unanimes après la décision rendue hier par la Cour européenne des droits de l’Homme (lire Adoption par le second parent au sein d’une famille homoparentale: la CEDH refuse de condamner la France): le législateur doit se saisir des questions liées à l’homoparentalité et les candidat-e-s à l’élection présidentielle doivent s’engager à faire évoluer le droit, tant sur le droit au mariage que sur la reconnaissance des familles homoparentales.

Seul politique à avoir réagi à l’heure où nous publions, Ian Brossat, président du Groupe Communiste et élus du Parti de Gauche au Conseil de Paris, ne dit pas autre chose: «Plus que jamais, il est grand temps que la France légifère afin d’assurer l’égalité des droits de chacun, sans distinction d’orientation sexuelle».

Car, comme le déclare la Fédération LGBT, «si la CEDH est limitée dans son action et constante dans son interprétation, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une discrimination inscrite dans le droit national». De son côté, SOS homophobie déplore que la CEDH pourtant gardienne des droits humains, des libertés fondamentales et de la non-discrimination des citoyen-e-s européen-ne-s renonce de manière étonnante à jouer aujourd’hui son rôle sur cette question de l’homoparentalité.

«La sécurisation familiale des enfants devrait être une priorité dans tous les programmes des candidats à l’élection présidentielle, ce qui est loin d’être le cas», renchérit l’Association des familles homoparentales (ADFH), tandis que Les Enfants d’Arc En Ciel – L’asso! (EAC) dénonce «une situation ubuesque»: «Vous ne pouvez adopter puisque vous n’êtes pas marié. Vous n’avez pas le droit de vous marier donc vous ne pouvez adopter!». «Plusieurs centaines de milliers de familles homoparentales existent en France et (…) il est inadmissible qu’elles et leurs enfants persistent dans cet état d’insécurité juridique du fait de l’impossibilité de se marier», insiste l’Inter-LGBT. «La parole est aux électeurs», résumé l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL).

Illustration Gami