Il est 11h45 dimanche 11 mars, à Villepinte, quand Christine Boutin prend la parole devant les militant-e-s UMP réuni-e-s en masse pour assister au discours de Nicolas Sarkozy. Ce dernier parlera à partir à 14 heures et pour le moment, les ténors du parti présidentiel et les rallié-e-s au sarkozysme chauffent la salle. La consigne est claire: il faut tirer à boulets rouges contre le candidat socialiste. La présidente du Parti chrétien démocrate suit cette consigne à la lettre.

«UN PROJET MORTIFÈRE»
Selon Christine Boutin, le projet de François Hollande est «mortifère». Définition de cet adjectif: «Qui cause la mort». Rien que ça. Celle qui refuse d’être affublée du qualificatif d’homophobe liste les propositions qui vont conduire au «déclin irréversible de notre pays: l’euthanasie, l’avortement de masse, le droit à l’enfant en lieu et place des droits de l’enfant… l’idéologie du “gender”, le mariage homosexuel, l’expérimentation sur l’embryon».

Tout est bon pour flatter les électeurs du FN et la frange catholique de l’électorat de droite, perdue par Nicolas Sarkozy après son discours anti-Roms de Grenoble en 2010. Pour Christine Boutin, la cause est entendue:

«Ce projet est en rupture profonde avec notre tradition des pays des droits de l’Homme.»

C’est connu, les pays qui ont adopté certaines de ces dispositions, comme l’égalité des droits, sont des exemples de pays en déclin et qui ne respectent pas les droits humains. Des pays comme l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal, certains États américains, où les gays et les lesbiennes jouissent – enfin – de l’égalité des droits apprécieront.

Madame Boutin, qui, il y a deux semaines, rencontrait l’équipe du Refuge et les jeunes qui y sont hébergé-e-s, ne craint pas aujourd’hui d’annoncer le déclin voire la mort si les propositions de François Hollande venaient à être mises en place. Au bal des hypocrites, Christine Boutin aurait assurément une place d’honneur.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Boutin dénonce le projet «mortifère» de François Hollande».