Le sport est souvent une histoire de timing…

Décompte. 140 jours avant le début des Jeux olympiques de Londres (27 juillet-11 août). Les nageurs/nageuses affûtent leurs paluches pour les championnats de France qui servent de sélection olympique, du 18 au 25 mars, les représentant-e-s de l’athlétisme sont ou à l’entraînement, ou aux mondiaux en salle, à Istanbul, qui ont lieu du 9 au 11 mars. En fonction des pays, c’est selon. Les Français-es ne sont venus qu’à 11, avec Renaud Lavillenie et Romain Mesnil quand même, les Russes ont des stars en nombre avec Yelena Isinbayeva, notamment toute fraîche émoulue d’un nouveau record du monde, à 5,01 m, le 23 février.

À Londres, la formation des volontaires chargé-e-s d’un peu tout – du contrôle des accréditations au guidage des visiteurs et visiteuses perdu-e-s – bat son plein. Dans cette formation, un quiz pour préparer les volontaires à gérer la diversité (orientation sexuelle, genre, origine, handicap…), raconte le Huffington Post britannique. Parmi les questions posées, que faire si quelqu’un vous dit qu’il n’est pas très à l’aise face à un couple d’hommes qui se tiennent la main. Les réponses possibles: lui dire d’«arrêter d’être un crétin homophobe», «demander poliment au couple d’arrêter de se tenir la main», «expliquer qu’il existe une grande diversité dans la population, aux Jeux olympiques de Londres 2012, diversité qui inclut des individus ou des couples LGBT». C’est laquelle à votre avis?

Certains volontaires ont trouvé cela condescendant. Ça a le mérite de mettre les points sur les i dans un milieu qui, comme le répète suffisamment cette chronique, en a bien besoin (voir plus bas).

Le Comité d’organisation de Londres (LOCOG), a dans la même fibre, envoyé un message d’encouragement aux organisateurs des EuroGames de Budapest qui se tiennent juste avant les JO. Stephen Frost, le directeur de la section Diversité et insertion du LOCOG, estime que les JO 2012 doivent être ceux de l’égalité et de l’inclusion.

Une autre compétition internationale, les Gay Games, pourraient, pourquoi pas, se tenir à Paris en 2018, révèle Têtu. Une association chargée de la candidature Paris 2018 a été créée à l’initiative de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL). La première réunion a eu lieu hier.

Avant-poste. Le tournoi olympique commence deux jours avant pour le fooball, à partir du 25 pour les filles comme les garçons. À cinq mois des Jeux, les Françaises ont pris date, mardi, en remportant le Tournoi de Chypre par une victoire sur le Canada en finale (2-0). Cette compétition n’est sans doute pas la plus relevée de la planète mais la bande à Marie-Laure Dely ou Louisa Necib a montré des prouesses techniques magnifiques, un sens du jeu, attaques incisives et défense opiniâtre. Vivement Londres.

Pas une première, mais suffisamment rare pour être noté. Une femme conduira une formule 1 lors de la saison 2012 qui commence le 18 mars à Melbourne, en Australie. Maria de Villota sera pilote d’essais de l’écurie russe Marussia. L’Espagnole est la fille d’un ancien pilote qui avait couru deux Grand Prix de formule 1, Emilio de Villota. Peu de chances qu’elle court un Grand Prix puisqu’elle est pilote d’essai. Deux femmes l’ont fait, Maria Teresa de Fillipis en 1958 (3 GP) et Leila Lombardi qui avait pris le départ 12 fois en 1975 et 1976. Les deux pilotes de Marussia sont Charles Pic et Timo Glock. Premier Grand Prix le 18 mars à Melbourne, en Australie.

La meilleure en février? Alexandra Lacrabère fait partie, avec Mayssa Pessoa De Oliveira du Issy Paris Hand et de Sabrina Ciavatti-Boukili (Mios), des trois sélectionnées pour le titre de meilleure joueuse du mois de février, le vote est sur le site de la ligue. Au terme de la saison régulière, l’attaquante d’Arvor est la meilleure buteuse de la compétition avec 125 buts (mazette). Le club est troisième au classement général. L’idée, maintenant, c’est d’aller récupérer une place de demi-finaliste contre Mios (6e), les 10 et 17 mars.

En cas de qualification, une confrontation avec Issy Paris Hand, premier du classement… avec seulement 1 point d’avance sur Metz et Arvor 29. Ce championnat aura été palpitant. Demi-finales les 21 et 29 avril, finale les 5 et 12 mai.

Jalon. «Les vestiaires devraient être sûrs et l’homophobie n’a pas sa place dans les lieux du sport. Les athlètes devraient être jugés pour leur talent, leur courage et la valeur de leur travail, pas sur leur orientation sexuelle.» Ce message limpide du You Can Play Project vient du hockey nord-américain, l’un des plus gros sports outre-atlantique. À l’instigation de Brian et Patrick Burke, deux acteurs de ce sport, à la mémoire de leur fils et frère Brendan, qui avait fait son coming-out en 2009. Il est mort dans un accident de voiture quelques mois plus tard.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez ici ‪You Can Play – The Faceoff

Le hockey pose un jalon et appelle ses collègues de tous les sports à faire de même: «Merci d’avance à tous les athlètes, joueurs de crosse, rameurs, gymnastes, skieurs et les autres – qui sont sur le point de lutter contre les stéréotypes athlétiques, peut-on lire sur le site. Vous ferez une différence».

L’initiative a notamment été saluée par Ellen DeGeneres via twitter:

28 avril à Marseille. «Contre les discriminations, faisons du sport ensemble». Cela se passe le 28 avril à Marseille, au Stade de Luminy. GaySportMed est une rencontre internationale d’athlétisme ouverte à tou-te-s à partir de 18 ans, et organisée par l’association LGBT Frontrunners Marseille. «GaySportMed s’inscrit dans le contexte de la signature en avril 2011 par la FFA (Fédération française d’athlétisme) de la charte contre l’homophobie dans le sport», indique un communiqué. L’événement servira aussi à la préparation du meeting d’athlétisme qui serait organisé en 2013 à l’occasion de  l’EuroPride.

Deux volets pour cette compétition, l’un homologué par la Fédération française d’athlétisme (les courses de plat: 100 m, 200 m, 400 m, 1500 m), l’autre non (le 5000 m, le relais 4 x 200 m, le saut en longueur et les lancers du poids et du javelot). Officielle ou pas, on imagine la compétition festive. Ouverte à tou-te-s, on le rappelle. L’occasion de repêcher les baskets et autres runnings, de s’entraîner pour aller briller dans le printemps marseillais. Bon week-end.

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