Dans une tribune publiée dans Libération ce jeudi 8 mars, Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et de la Communication dans les deux premiers gouvernements de Jean-Pierre Raffarin, apporte son soutien à François Hollande pour l’élection présidentielle de 2012.

«Je sais que je romps avec ce qui fut mon camp», écrit déjà au passé l’ex-président de l’Établissement public du musée et du domaine national de Versailles. «C’est pourtant le choix que je fais. Je le fais par conviction et sincérité», poursuit-il.

«ESPRIT FIN ET SUBTIL»
Dans ce texte, celui qui a fait son coming-out en 2002, deux mois avant son entrée au gouvernement («Au-delà de mon sort, c’est la situation de tous les homosexuels qui était concernée par mon engagement», confiait-il au Monde à l’époque) livre deux raisons principales à ce soutien.

Premièrement, «l’alternance politique» considérée comme «une nécessité démocratique». Deuxièmement, la personnalité même de François Hollande qui «a bien les qualités humaines et politiques requises pour être un bon président de la République». «Je sais qu’il saura, l’élection législative accomplie, susciter une nouvelle manière de gouverner, écrit Jean-Jacques Aillagon. Je crois qu’il aura la volonté constante de rassembler les Français autour d’un projet politique moderne, rigoureux et généreux. La rigueur sans la générosité est injuste et révoltante. La générosité sans la rigueur est stérile. Voilà des nuances dont François Hollande, esprit fin et subtil, est capable». Manière subtile de faire le portrait en creux d’un Nicolas Sarkozy qui, lui, n’aurait pas ces qualités-là.

RETRAITE
Oublié son remplacement à la tête du château de Versailles par Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy? «Si, en 2011, il a estimé que rien ne justifiait que j’y fusse prolongé au-delà de l’âge de la retraite, il m’a fait part de sa décision avec délicatesse», écrit Jean-Jacques Aillagon. C’est avec la même délicatesse que ce dernier annonce à l’actuel locataire de l’Élysée… qu’il doit prendre sa retraite.

Photo Alain Meilland