Invité d’Emmanuel Laurentin dans La Fabrique de l’Histoire, sur France Culture, Jean-Luc Mélenchon a confié que le texte dont il est le plus fier, c’est la proposition de loi pour un partenariat civil qu’il dépose, alors qu’il est sénateur, en mai 1990. Dans cet entretien, réalisé en 2011 mais qui a été mis en ligne le 7 mars, Jean-Luc Mélenchon raconte les circonstances qui l’ont conduit à s’intéresser au sort des homosexuel-le-s. Verbatim.

«[Sur] ce bilan des textes (…), celui dont je suis le plus fier c’est d’avoir été celui, avec une poignée de têtes dures qui ont accepté à l’époque de signer, qui a déposé le premier texte de loi de ce pays rendant possible le pacs. Je ne connaissais absolument rien à la question du sort qui était fait aux homosexuels. Mais rien, et c’est tout à fait par hasard, on m’a envoyé dans une réunion, où j’ai dit des choses brillantissimes, avant d’être interrompu à la fin par quelqu’un qui m’a dit: “Ce que vous dites est brillantissime mais nous on voudrait vous parler d’autre chose (…)” – c’était le plus fort de la vague du sida, c’était l’année 88 – “Voila ce qu’est notre vie.”

«Et alors on m’a raconté tout: la mort qui frappait, le survivant abandonné, relégué, et cette histoire humaine, je ne savais que dire ni que faire et je leur ai dit: j’oublierai pas.

«Et ça m’a travaillé donc j’ai été chercher dans d’autres pays ce qu’ils avaient fait, et je vous jure qu’à l’époque, personne ne m’aidait ni ne s’intéressait à ce que je faisais. Eux faisaient des choses, bien sûr, de leur côté, mais moi j’étais un socialiste classique, traditionnel, qu’est-ce que j’allais m’intéresser à une question pareille?

«Et j’ai fini par déposer ce texte qui s’appelait “de partenariat civil” sur l’idée qu’une liberté, une humanité faite à l’un est faite pour tous.

«Et donc mon idée était que les droits que l’on reconnaîtrait en cette circonstance seraient étendus à toute la société et qu’elle en serait meilleure. Et voyez-vous, le pacs est l’héritier de cette histoire-là et il a profité à toute la société d’une manière que je crois positive. De tout ce temps, je me dis que reste-t-il? J’en ai fait des choses mais c’est celle-là qui m’aura amené au-delà de moi-même puisque ce n’étaient pas mes sujets de prédilection m’aura fait agir.»

L’extrait concernant le partenariat civil commence à partir de 37’40 ». L’intégralité de l’entretien est disponible sur le site de l’émission La Fabrique de l’Histoire.

Merci à Vincent pour l’info.

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