«Mouvementée mais constructive», c’est ainsi qu’a été qualifiée dans son compte-rendu l’Assemblée Générale du Centre LGBT Paris IdF qui s’est tenue samedi 3 mars.

Face au bureau présidé par Christine Le Doaré, une autre équipe menée par Hervé Latapie, proposait un nouveau projet, présenté sur un site: Pour un Centre autonome et dynamique. Initié en réaction au projet de fusion entre le Centre LGBT et l’Inter-LGBT, le mouvement dissident critique notamment les prises de position personnelles de l’actuelle présidente faites au nom du Centre, mais surtout le manque d’orientation dans les projets du Centre et le délaissement de la prévention contre le sida.

«ÇA S’EST TRÈS MAL PASSÉ»
Loin de la version officielle du Centre, Hervé Latapie, contacté par Yagg, raconte une tout autre version des évènements: «Ça s’est très mal passé. Il y avait la police en face du Centre et des officiers des Renseignements Généraux à l’intérieur. L’organisation était complètement non démocratique, la présidente avait un micro, mais pas la salle. Nous n’avons pas pu présenter notre projet.»

«UN CA RECONDUIT À UNE TRÈS LARGE MAJORITÉ»
Mais finalement c’est «à une très large majorité de plus des deux tiers» que l’actuel Conseil d’Administration a été reconduit dans son mandat jusqu’au 7 juillet 2012, confirmant également la cooptation de deux administratrices, Garance Mathias et Isabelle Gentilhomme. «Mener à bien les missions habituelles, maintenir l’orientation prise d’étudier la faisabilité d’un projet de rapprochement entre le Centre et l’Inter-LGBT», tel sera le cap que maintiendra l’équipe de Christine Le Doaré, toujours selon le communiqué de presse du Centre.

«Le vote à bulletin secret nous a été refusé» déplore Hervé Latapie, conscient que l’effet de groupe joue souvent un rôle dans le vote des associations. «Après la lecture du rapport moral, Christine Le Doaré a lu une lettre de Bertrand Delanoë lui apportant son soutien. Alors la Mairie de Paris soutient-elle vraiment ses procédés anti-démocratiques?»

Ceux qui fustigeaient le projet de fusion avaient déjà été mis en garde contre leurs attaques à l’encontre de la présidente. Sa réélection sonne aujourd’hui comme un nouvel avertissement à ses détracteurs, voire à une invitation à quitter le navire, comme l’indique la peu banale conclusion du communiqué de presse de l’Assemblée Générale : «Des membres du Conseil d’administration personnes physiques ou morales pourront présenter leur démission lors du prochain Conseil, en quel cas, conformément aux statuts, ils seraient remplacés par des administrateurs cooptés afin de ne pas affaiblir l’instance.» Pour Hervé Latapie, il s’agit clairement d’un appel à la démission: «Christine Le Doaré veut se débarrasser des associations qui dérangent.»