«J’ai étudié la sociologie, j’ai écrit des livres, mais en même temps je milite dans les rues. Ce sont deux choses qui sont liées pour moi». Féministe,  antimilitariste, anticapitaliste, mais aussi pro-LGBT, Pinar Selek est une intellectuelle turque qui agit sur le terrain pour les droits des minorités.

«CHASSE AUX SORCIÈRES»
Mais depuis deux ans, elle est contrainte à l’exil. Après avoir été quelque temps en Allemagne, elle est aujourd’hui en France, à Strasbourg. «J’ai été victime d’une chasse aux sorcières en Turquie», explique-t-elle. Ce qui est reproché à Pinar Selek, c’est d’avoir effectué des recherches sur le mouvement kurde avec un point de vue féministe et antimilitariste et d’être ainsi entrée en contact avec des militants de la lutte armée.

En 1998, elle est arrêtée, torturée, puis emprisonnée et devient alors un symbole de résistance. Peu de temps après sa libération, elle est accusée de terrorisme. Acquittée à plusieurs reprises par la cour d’assises d’Istanbul en 2006, 2008 et 2011, la décision fut à chaque fois cassée. Le cas de Pinar Selek passera à nouveau devant un tribunal le 7 mars 2012.

COMITÉ DE SOUTIEN
«Je continue mon combat car le patriarcat, le système hétérosexiste, le système capitaliste, c’est mondial, ce n’est pas seulement en Turquie», affirme-t-elle, même si l’acharnement de la justice turque l’empêche aussi d’agir là où elle le souhaiterait, dans son pays. Un comité de soutien organise plusieurs soirées de solidarité à Pinar Selek, dont une à Strasbourg le 6 mars, ainsi qu’à Paris le 9 mars.

[Mise à jour, 6 mars]: La soirée de solidarité à Pinar Selek du 9 mars aura lieu à l’Association de Culture Berbère (37bis rue des Maronites, Paris XXème) à 19h. Elle prendra la forme d’une rencontre-débat autour du mouvement féministe en Turquie. Entrée libre mais réservation conseillée (01 43 58 23 25 ou contact@acbparis.org)