CONTRADICTIONS
Son combat contre l’homophobie, Christine Boutin va jusqu’à le revendiquer et affirme même que son engagement n’est pas neuf: «Je dénonce l’exclusion et la rupture familiale pour cause d’homosexualité en particulier, ce n’est pas du tout nouveau, je l’ai dit même en 1999 au moment du pacs.» Tout comme Nicolas Sarkozy auquel elle s’est désormais ralliée en abandonnant la course à la présidentielle, Christine Boutin a l’homophobie en horreur. Elle, homophobe? Le qualificatif semble la surprendre, tant elle distingue son opposition farouche à l’ouverture du droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels de son soutien à une association telle que le Refuge. «Ceux qui me traitent de tous les noms en raison de ma foi, je pourrais les considérer comme christianophobe. À partir du moment où vous avez quelqu’un qui ne partage pas vos idées, c’est assez facile de l’enfermer dans une boîte qui s’appelle la phobie», explique-t-elle. Pour elle, pas de contradictions dans son discours même quand certaines personnes présentes lui font remarquer que priver une partie de la population des droits accordés à une majorité est une conduite discriminatoire.

La présidente du Parti chrétien-démocrate n’apporte finalement aucune proposition concrète, en terme, par exemple, de lutte contre l’homophobie, notamment en milieu scolaire. Pour elle, les comportements homophobes des jeunes sont engendrés par ceux de leurs parents. C’est donc davantage vers eux qu’il lui semblerait logique de mettre en place une politique de sensibilisation.

DISCOURS COMPASSIONNEL
Quand l’échange touche à sa fin, l’auditoire avoue à demi-mot l’avoir trouvé «sympathique», comme lorsqu’elle rappelle avec auto-dérision son statut d’«icône gay», caricature qui semble peu à son goût. L’objectif de Christine Boutin, avec son habituel discours compassionnel, mais cette fois-ci étrangement épuré de connotations religieuses, était-il de redorer son image?