L’Assemblée générale du Centre LGBT de Paris Ile-de-France risque de jouer les prolongations samedi 3 mars. Une équipe dissidente a en effet décidé de se présenter aux votes des membres, pour défendre leur projet de «Centre autonome et dynamique». À la manœuvre depuis plusieurs mois, Hervé Latapie, organisateur de soirées au Tango, a présenté cette nouvelle équipe mardi 28 février au bar le Duplex, en présence d’une quarantaine de personnes. Selon lui, le projet est né de la réflexion sur une nouvelle organisation du Centre. Mais à l’issue de la soirée, on ne connaissait pas le nom de celui ou de celle qui se présentera à la présidence du Centre, poste convoité depuis que l’actuelle présidente, Christine Le Doaré, a annoncé qu’elle ne briguerait pas un nouveau mandat.

POUR UN MEILLEUR ACCUEIL AU CENTRE
À tour de rôle, les membres de cette équipe dissidente ont expliqué ce qui les avait conduits à se présenter au CA. Jacqueline, qui s’occupe de la permanence psychologique du Centre, regrette que «le Bureau ne sollicite pas les compétences des gens.» Philippe, lui, volontaire depuis 5 ans, aimerait que quel que soit son profil, on soit bien accueilli au Centre. Il voudrait que le Centre soit un endroit de pensée, de discussion, «la plaque tournante de la réflexion LGBT».

«PAS D’ORIENTATION CLAIRE»
Alix, référente de la permanence sociale s’est dite «choquée par la violence des débats lors de la réunion des volontaires». Selon elle, le Centre fait beaucoup de choses, mais sans orientation claire: «Il faudrait donner plus de place aux personnes.» Pour Hervé Latapie, qui se présente aussi au CA, il faut remettre l’accent sur la prévention du sida.

Aux côtés des personnes physiques, cinq associations ont souhaité aussi rejoindre cette équipe. L’association des Jeunes Séropotes souligne qu’elle est la seule ayant un lien avec le VIH au Centre. Elle se solidarise avec une nouvelle conception du Centre, pour améliorer l’accueil des séropositifs. Pour Monsieur Katia, qui représente l’Amap transpédégouine, il faut que le Centre devienne un endroit plus convivial. Même avis du côté de Outrans, qui espère que le T de LGBT ne soit plus un faire-valoir et qui milite pour que le Centre fasse participer les associations à des projets collectifs. Quant à Paris Gay Village, elle insiste sur le problème de l’accueil et estime que les associations ne sont pas suffisamment mises en valeur. Cinq associations sur les 71 que compte le Centre (selon la liste présentée sur le site), ce n’est pas un raz-de-marée.

LE PROJET DE FUSION EST JUGÉ FLOU
De la fusion, il aura été peu question hier soir, même si c’est bien ce projet de rapprochement qui a déclenché le mouvement de dissidence. Plusieurs intervenants ont dénoncé le flou qui entoure le projet, notamment sur les personnes qui participent au groupe de travail et l’absence de compte-rendu des réunions. L’actuelle présidente du Centre, Christine Le Doaré, a notamment été critiquée pour son autoritarisme et ses communiqués de presse très personnels sur la prostitution, rédigés au nom du Centre. Mais les participant-e-s ont affirmé que leur volonté était de parler du projet pour le Centre. Celui-ci a pourtant été peu détaillé hier, Hervé Latapie renvoyant sur le site internet Pour un centre autonome et dynamique.

Le Conseil d’administration, on l’a appris samedi 25 février dans la Lettre ouverte concernant le rapprochement entre le Centre LGBT Paris IdF et l’Inter-LGBT, demandera à l’AG de proroger jusqu’en juillet le mandat de l’équipe actuelle.