Après le mariage symbolique de Villejuif début février, une autre cérémonie, religieuse cette fois-ci, a eu lieu samedi 18 février à Sevran (Seine-Saint-Denis).

En présence de leurs familles et ami-e-s, mais aussi des membres du collectif Homosexuels et musulmans de France (HM2F) et des associations David et Jonathan, Beit Haverim, Carrefour des chrétiens inclusifs, Communion Béthanie, un imam a donc uni Ludovic Mohamed Zahed, porte-parole de HM2F, et son compagnon Qiyaam, tous deux musulmans. Une cérémonie particulièrement émouvante, placée sous le signe de la tolérance et de la spiritualité, puisque le Notre Père puis des prières traditionnelles hébraïques ont aussi été prononcés.

«Célébrer cette fête religieuse, c’est un symbole, de même qu’y convoquer des autorités religieuses. Tout cela sert la cause», explique à Yagg Ludovic Mohamed Zahed. Pour lui, ce sont des valeurs de dialogue afin de dépasser les préjugés que cet événement véhicule: «Il est important de donner l’exemple, affirme le porte-parole de HM2F, de dire que c’est possible d’être homosexuel et musulman, afin de lutter contre cette double-discrimination.»

PAS DE MARIAGE… PAS DE PACS NON PLUS
Les mariés s’attendent-ils à des réactions de la communauté musulmane? «Pas vraiment, soutient Ludovic Mohamed Zahed. Ce qui nous motive avant tout c’est de faire de cet événement une force capable de faire bouger les choses au niveau de la loi.» En effet, à cette occasion, le collectif HM2F a fait parvenir au Président de la République une lettre ouverte pour lui faire part de l’absurdité de la situation dans laquelle sont Ludovic et Qiyaam, car au-delà du fait que les deux hommes n’ont pas le droit de se marier, ils n’ont pas non plus le droit de se pacser: ayant contracté un mariage civil en Afrique du Sud en août 2011, ils ne sont pas considérés comme célibataires, malgré la non-reconnaissance de leur union en France.

La lettre du collectif réclame donc à Nicolas Sarkozy de faciliter les démarches administratives afin que cesse la discrimination dont sont victimes Ludovic et Qiyaam. Extrait: «La législation actuelle plongent ses racines au plus profond de traditions éculées, de préjugés qui n’ont plus lieu d’être et qui, au sein d’un état laïc comme la France, ne devraient plus être en mesure d’influencer la représentation que tout-e citoyen-ne peut avoir de l’égalité entre tous, au sein de la république.»

Photo: Ludovic Mohamed Zahed