Société | 08.02.2012 - 15 h 55 | 0 COMMENTAIRES
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Alouen, une nouvelle association pour les LGBT en Algérie

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Née en octobre 2011, Alouen vise à lutter contre toutes les discriminations. Dans un pays où l'homosexualité reste encore un délit.

Alouen signifie «couleurs» en arabe. C'est le nom que s'est choisi une nouvelle association pour les LGBT en Algérie. Son but est avant tout de permettre aux homos et aux trans' de ce pays encore sous le coup d'une législation homophobe de se regrouper pour lutter contre les discriminations. Le responsable de la communication a bien voulu répondre par mail aux questions de Yagg.

Pourquoi avez-vous créé l'association Alouen? L’idée de créer Alouen remonte à mai 2011 quand trois des 12 membres fondateurs actuels se sont retrouvés pour parler d’un projet commun qui concernerait les LGBT Algériens. Depuis, l’association a fait son petit bout de chemin qui a commencé par sa naissance officielle le 10 octobre 2011 (date symboliquement choisie pour correspondre avec le TenTen, journée nationale des LGBT). Durant les mois qui ont précédé l’annonce, le groupe a grandi petit à petit autour du même objectif: pallier le manque d’associations qui œuvrent pour les droits LGBT en Algérie. Des ateliers de travail furent organisés afin d’approfondir les objectifs, les valeurs et la vision de l’association.

Quelles sont vos missions? La mission d’Alouen a été formulée comme suit:
· Lutter contre toute forme de discrimination à l'égard des homosexuels, bisexuels, ou transsexuels,
· Lutter contre toute forme de violence à l'égard des homosexuels, bisexuels, ou transsexuels,
· Contribuer à l'épanouissement des homosexuels, bisexuels et transsexuels au sein de la société algérienne, en facilitant leur acceptation et leur intégration,
· Contribuer à la lutte contre le sida et les IST de manière spécifique auprès de la communauté homosexuelle.

Quels sont les problèmes spécifiques que vous avez identifiés? Durant l’atelier qui consistait à identifier les problèmes des LGBT en Algérie, nous avons été en mesure de les regrouper en trois volets: les problèmes sociaux, sanitaires et juridiques. Les premiers représentent les difficultés des LGBT Algériens de vivre leurs sexualités avec-eux-mêmes ou en interaction avec la société (que ce soit au sein de la famille ou de manière générale). Les problèmes sanitaires concernent le fléau du sida et des IST qui touchent de plus en plus la communauté LGBT algérienne et le manque terrible de moyens de prévention, de sensibilisation et de traitement. Le troisième volet met l'accent sur la criminalisation de l’homosexualité en Algérie. Car il faut le rappeler, il est illégal de créer une association LGBT algérienne à cause des articles 333 et 338-a du code pénal.

Quelles actions comptez-vous mener? Pour cette année, un comité de pilotage composé de huit personnes a été désigné lors de l’assemblée générale qui s’est tenue en décembre dernier. Ce comité va mettre en place plusieurs projets qui visent les membres de la communauté LGBT. Notre démarche est d’aller d’abord sur le terrain, et d’être présents auprès des LGBT éparpillés un peu partout dans le pays.

Comment allez-vous vous faire connaître? L’illégalité de notre activité limite notre visibilité sur le terrain mais nous comptons sur les nouveaux moyens de communication pour communiquer autour de nos activités. Je parle, bien évidemment, d’internet et des réseaux sociaux. Les LGBT Algériens qui n’ont pas accès au net ne seront pas en reste et  l’association Alouen compte développer une stratégie de communication en adéquation avec la sécurité des membres et des LGBT Algériens.

Vous avez lancé un questionnaire sur la santé et le sida auprès des LGBT algériens. Pourquoi? L’association Alouen a lancé le 1er décembre 2011 et afin de célébrer la journée international de lutte contre le sida, le premier questionnaire sur les connaissances, comportements et attitudes des LGBT algériens envers cette maladie et les IST. Et ce dans le but d’identifier les besoins de la communauté en termes de prévention, sensibilisation et traitement du VIH/Sida et des IST. Les résultats de ce sondage permettront de mettre la lumière sur les lacunes des LGBT algériens sur la question et de lancer, par la suite, des activités qui permettront d’y répondre.

Est-ce que vous allez nouer des contacts avec des associations LGBT françaises et/ou européennes? Travailler en réseau et avoir des partenaires est important pour toute association, surtout une association comme la nôtre. Nous ne comptons pas travailler exclusivement avec des ONG étrangères, mais il est évident qu’on va grandement collaborer avec ces associations.

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