«Licenciements, mises à pied et démissions de se multiplient au sein de Sidaction», selon une enquête de Libération.fr publiée mercredi 1er février. Les nombreux frais de justice occasionnés par des procédures pèsent sur l’argent des donateurs. Selon l’enquête de Willy Le Devin, près de 416 000 euros avaient été provisionnés en 2010 pour «les risques sociaux».

AMBIANCE DÉGRADÉE
Sidaction, créé en 1994 pour financer la lutte contre  le sida, a considérablement élargi son champ d’action ces dernières années. Conséquence directe: le nombre de salariés a largement franchi la barre des 50 salariés, qui impose la création d’une section syndicale. Sidaction emploie plus de 60 personnes selon Libération.fr et l’ambiance s’est beaucoup dégradée, en raison d’une absence de dialogue social, dénonceé le plus souvent à mots couverts par les salariés de l’association.

LES LANGUES SE DÉLIENT
Ce qui est nouveau, c’est que les langues se délient. Au cœur de l’enquête, le témoignage de Milko Paris, secrétaire du comité d’hygiène et de sécurité, salarié depuis 2002.  En décembre 2009, l’inspection du travail écrit une lettre à la direction de Sidaction. «Il apparaît que les conditions de travail de M. Paris affectent sa santé, et que celui-ci se trouve dans une situation de souffrance et de stress qu’il convient de faire cesser.»
Depuis, ce salarié a du essuyer trois tentatives de licenciement. Il explique dans une vidéo visible sur le site de Libération ses conditions de travail. Dans la même vidéo, Marie-Laure Olmeta, du Syndicat des associations d’Ile-de-France, explique que «Sidaction est un cas extrême.»

PIERRE BERGÉ NIE EN BLOC
En mai 2011, un rapport du CEDAET est sans appel: « L’organisation du travail à Sidaction que nous avons décrite dans ce document représente (…) des risques pour la santé », assène l’organisme de contrôle agréé par le ministère du Travail. Pour seule réponse, Pierre Bergé, qui préside l’association depuis 1996, nie tout en bloc. Lors du Conseil d’administration du 12 octobre, il aurait dit aux salariés: « Je peux commander et payer un rapport qui dira tout le contraire ». Déjà en octobre 2011, Libération publiait un listing dans lequel la direction de Sidaction notait des éléments privés sur ses salariés. Visiblement, la nomination d’un nouveau directeur, François Dupré, n’a pas arrangé les choses chez le principal bailleur de fonds de la lutte contre le sida.

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