Depuis près de deux ans, sous forme d’articles, d’Opinions et Débats (les gays sont-ils prêts à débattre du traitement pré-exposition?), Yagg vous a beaucoup informé sur le traitement pré-exposition qui vise à réduire les risques de transmission du VIH et sur l’essai Ipergay, qui vient d’être lancé. Yagg a aussi été le seul média LGBT à proposer deux chats pour parler de cette stratégie de prévention (Chat avec François Berdougo et Hugues Fischer et Chat avec Gilles Pialoux).

Nous avons pu marquer notre inquiétude sur l’avancée de la recherche dans ce domaine (sur les résultats décevants d’iPrex, le premier essai de prévention chez les gays) et laisser s’exprimer les interrogations, notamment dans les commentaires des articles. Mais aujourd’hui qu’Ipergay est lancé, nous pensons qu’il est important que cet essai lancé par l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) recrute.

Il serait illusoire de penser qu’Ipergay, un essai très innovant, peut se faire sans débat. Mais le débat a eu lieu et la consultation communautaire a permis à chacun de s’exprimer. Quinze ans après le succès des premières trithérapies et le changement radical qu’elles ont apporté dans la vie des séropositifs, l’arrivée d’un nouvel outil de prévention potentiellement efficace dans un paysage préventif dominé depuis près de trois décennies par la capote est une nouvelle dont on pourrait se réjouir.

LA DONNE A CHANGÉ AVEC LE TRAITEMENT
Le Tasp (Treatment As Prevention = le traitement comme outil de prévention) est l’acronyme le plus commenté ces dernières années. Chez les séropositifs, le traitement antirétroviral permet de contrôler l’infection et de mener une vie aussi longue que les séronégatifs. Son intérêt est aussi de réduire, voire de rendre presque impossible la transmission du virus à son partenaire. Nous connaissons des séropositifs qui vivent en couple et prennent le traitement dans cette stratégie de réduction des risques. Qu’ils utilisent le préservatif ou pas dans leurs rapports sexuels avec leur partenaire régulier.

UNE STRATÉGIE DE PRÉVENTION PAR LE TRAITEMENT POUR LES SÉRONÉGATIFS
Mais cette stratégie est à sens unique, ce que n’avait pas manqué de noter le Conseil national du sida (lire notre article). «Avec le traitement, en revanche, apparaît un moyen, médicalisé et non comportemental, dissocié de l’acte sexuel, de rendre les personnes porteuses du virus très peu contaminantes. La maîtrise de ce moyen n’est plus également partagée par les partenaires, elle relève du seul partenaire infecté, qui porte alors entièrement, si aucune autre technique de protection n’est utilisée, la responsabilité de réduire le risque pour l’autre.» Avec les essais de prévention comme Ipergay, c’est au tour des séronégatifs de choisir ou pas ce moyen de prévention. Et d’avoir la maîtrise de leur santé.

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