En juin dernier, l’Association des familles homoparentales (ADFH) déposait un dossier pour rejoindre l’Union départementale des associations familiales de Paris (UDAF 75). Après six mois d’attente et une audition en novembre, l’ADFH a finalement été informée du refus de l’UDAF75, le 29 décembre 2011.

L’ADFH a donc déposé un recours auprès de la ministre de tutelle de la secrétaire d’Etat à la Famille, Roselyne Bachelot-Narquin, afin que celle-ci revienne sur la décision de l’UDAF 75. La saisine (page 1, 2 et 3) ayant été déposée le 4 janvier, la ministre dispose donc de deux mois à compter de cette date.

OUI AUX FAMILLES MONOPARENTALES, NON AUX FAMILLES HOMOPARENTALES
Dans sa lettre, l’UDAF 75 met en avant deux arguments: le premier porte sur la liste des adhérent-e-s de l’ADFH, où tou-te-s ne figurent pas, notamment les dirigeants de l’association. À cela, l’ADFH répond dans sa saisine que selon les termes de la CNIL, l’orientation sexuelle est qualifiée d’information sensible et qu’à ce titre, elle a «volontairement limité le nombre d’adhérents présentés à des fins de protections personnelles». Mais c’est le second argument qui a visiblement indigné l’ADFH: selon l’UDAF 75, les familles homoparentales n’étant «pas reconnues par la loi», le conseil d’administration a décidé «qu’il ne lui appartenait pas de se substituer au législateur». Dans son communiqué de presse, l’ADFH condamne l’«homoparentophobie» dont faire preuve l’UDAF 75: «nous ne pouvons que regarder cette décision comme une injure à nos familles, une discrimination manifeste des familles homoparentales». Dans la saisine présentée à la ministre, l’ADFH rappelle que, comme les familles homoparentales, «les familles monoparentales ou recomposées ne sont pas plus reconnues par une loi spécifique», ce qui n’a pas empêché l’UDAF75 d’accepter en son sein des associations de familles monoparentales ou recomposées. «L’homoparentalité, si elle n’est pas reconnue par la loi, n’est pas interdite», souligne l’ADFH.

L’ADHÉSION, L’UN DES CHEVAUX DE BATAILLE DE L’ADFH
La position de l’Union nationale des associations familiales (l’Unaf, qui englobe l’ensemble des Udaf) sur l’homoparentalité n’évolue pas, malgré un vague espoir en 2008, quand, dans une interview à la revue Loisirs Education, son président François Fondard montrait un avis un peu moins arrêté. La volonté d’être représentée au sein des instances familiales nationales est un des objectifs premiers de l’ADFH. «Nous sommes la seule association aujourd’hui qui veut présenter sa candidature à l’Union départementale des associations familiales de Paris et à l’Union nationale des associations familiales ensuite, sachant que le bureau de l’APGL a refusé de le faire contrairement à l’avis de ses adhérents, affirmait son co-président Alexandre Urwicz dans l’entretien qu’il avait accordé à Yagg en mars 2011. Nous considérons qu’il est insupportable que des familles soient niées par d’autres familles. La famille homoparentale a sa place dans la représentation familiale française.» Pour sa part, l’APGL a tenté d’entrer à l’Unaf, en 2001 et 2006.

Dans son communiqué de presse, l’ADFH espère que Roselyne Bachelot-Narquin sera à la hauteur de sa réputation et «agira en responsabilité afin que sa volonté d’égalité triomphe des intrigues d’officine».