Toute l’ironie mordante de Another Happy Day, premier long métrage réussi de Sam Levinson (le fils de Barry), dans les salles ce mercredi 1er février, est contenue dans son titre.

Lynn (Ellen Barkin, parfaite en mère-courage épuisée et persuadée qu’elle a raté l’éducation de ses enfants) débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné. Avec elle, ses deux plus jeunes fils: Ben (qui pense qu’il est autiste) et Elliot (Ezra Miller – photo ci-dessus) qui sort de cure de désintox mais Lynn fait croire à toute la famille (dont des tantes langues de vipères insupportables) qu’il revient de Suède. L’ex-mari de Lynn est flanqué de sa tyrannique nouvelle femme (démente Demi Moore), Elliot n’a pas du tout décroché de la dope (il se shoote avec les médocs de papy), de douloureuses histoires de famille vont ressurgir… Bref, ce qui devait être un «happy day» va en réalité se transformer fissa en cauchemar.

STANDING OVATION POUR EZRA MILLER
Another Happy Day
ne révolutionne pas le film choral à base de bonnes névroses familiales, mais le tout est tellement bien interprété et dialogué qu’on aurait tort de bouder son plaisir (prévoir une solide cargaison de mouchoirs, on pleure beaucoup, mais ça fait du bien). Standing ovation pour Ezra Miller (qu’on avait déjà remarqué dans We Need To Talk About Kevin, entre autres) qui du haut de ses 19 ans en impose grave. Et un jeune homme qui pose en manteau de fourrure pour la presse est forcément intéressant.

Il crève l’écran avec son personnage d’ado à la fois cynique et fragile et dont on devine quelques ambiguïtés quant à son orientation sexuelle (ne spoilons pas, laissons cela à votre appréciation). Ce flou est d’ailleurs l’une des plus jolies réussites scénaristiques du film, qui a d’ailleurs reçu le prix du scénario au Festival de Sundance en 2011.

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