Société | 31.01.2012 - 14 h 11 | 0 COMMENTAIRES
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Transports aériens: le Conseil québécois des gais et des lesbiennes proteste contre une loi transphobe

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Interdire l'accès d'un avion à une personne qui semble être du genre opposé à celui qui figure sur ses papiers, c'est désormais une loi au Canada. Le Conseil québécois des gais et lesbiennes interpelle le ministre des Transports.

Le Conseil québécois des gais et des lesbiennes (CQGL) a fait parvenir hier, lundi 30 janvier, au ministre des Transports Denis Lebel (Parti conservateur) une lettre pour protester contre une loi discriminatoire envers les personnes transsexuelles et transgenres, adoptée le 29 juillet dernier. Cette loi porte sur le contrôle d’identité dans le cadre des déplacements en avion et empêcherait les personnes transsexuelles ou transgenres de pouvoir se circuler librement pour des voyages intérieurs. L’article 5.2 dispose en effet «qu’il est interdit au transporteur aérien de transporter un passager dans les cas suivants: c) s’il ne semble pas être du sexe indiqué sur la pièce d’identité qu’il présente», souligne la lettre.

MÊME TRAITEMENT POUR LES TRANS' ET LES TERRORISTES
Dans ce texte, Steve Foster, le président du Conseil québécois des gais et des lesbiennes, ne cache pas son inquiétude et explique le caractère discriminatoire de l’article. Il mentionne par ailleurs un autre texte, la loi C-389 (qui n’a pas été adoptée), auquel s’était opposé le gouvernement actuel et qui visait justement à une meilleure protection contre la transphobie. Il signale enfin que le traitement des personnes transgenres deviendra alors comparable à celui appliqué «aux terroristes». Alors qu’il y a quelques mois, l’Australie ouvrait la voie avec la mise en place de passeports comportant un «x» devant la mention «genre», le Canada, qui s'est déjà fait peur mi-janvier avec l'éventualité d'une remise en cause de la validité des mariages des couples de même sexe, fait clairement un pas en arrière en imposant cette loi.

ET EN FRANCE?
Qu’en est-il en France, concernant les droits des trans' en matière de mobilité sur le territoire? «Il n’y a pas de législation spécifique. Le passage aux frontières, c’est la loterie, explique Anne-Gaëlle Duvochel, du Groupe d’Étude sur la Transidentité (le GEsT). Au final, tout dépend de la bienveillance des policiers ou des douaniers. On compte sur le respect et la discrétion dont ils doivent faire preuve. Parfois les différences physiques entre la photo sur le passeport et la personne qui se présente sont très marquées. Il faut donc pouvoir prouver son identité, ou son changement, avec une attestation médicale, ou un document attestant d’un changement de nom. Après, c’est un peu au petit bonheur la chance, le personnel des contrôles ne sait pas toujours s’y prendre, il y a beaucoup de maladresses. Mais les transsexuel-le-s sont soumis-e-s à la loi de l’identité comme tout le monde, au même titre que les femmes qui portent la burqa par exemple. Même s'il n’y a rien, ni pour, ni contre dans la loi.»

Photo Patof

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Journaliste de Yagg.
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