Les déclarations du Dr Jean-Pierre Calot au micro de Carré d’info, un site tourné vers l’actualité toulousaine, n’ont pas manqué de faire bondir la communauté hier soir. Chef de service à l’Établissement français du sang (EFS) de la région Midi-Pyrénées, il estime que l’exclusion des homosexuels est légitime car ils sont plus touchés par le VIH ou des hépatites que les personnes hétérosexuelles.

Mais là où le bât blesse, c’est lorsque le médecin s’exprime sur les pratiques sexuelles des hommes homos. Autant les lesbiennes sont hors de danger car «il n’y a pas de risque de contamination avec un godemiché», autant les gays doivent faire l’objet de précautions particulières. Il semble évident au Dr Jean-Pierre Calot qu’un vagin «est fait pour avoir des rapports sexuels» alors qu’un anus «n’est pas fait pour ça». «Il y a un risque de contamination par la muqueuse anale, explique le médecin. Donc dès qu’il y a une érosion, une petite plaie, si un partenaire est séropositif, il y a transmission», assure-t-il.

Pour le collectif Homodonneur, également interviewé, les précautions prises par l’EFS suffiraient pourtant à écarter les risques. Des tests sont effectués sur tous les dons et un entretien médical a lieu avant chaque prélèvement. Des procédures qui, selon le Dr Jean-Pierre Calot, n’empêchent pas de donner leur sang les individus les plus «dangereux», à savoir «l’homme normal (sic), marié, père de famille, et qui va de temps en temps avoir un rapport avec un travesti, estime le médecin. Celui-là, il n’a pas l’impression d’être homosexuel parce qu’il a un rapport avec un travesti. L’homosexuel, le vrai, il ne va pas avoir un rapport avec un travesti parce qu’il n’aime pas les femmes, alors il aime encore moins les ersatz de femmes.»

Il se satisfait finalement du statu quo. Les pays étrangers qui autorisent les homosexuels à donner leur sang ont préféré adopter une «position électoraliste», affirme-t-il. L’EFS n’a d’ailleurs pas besoin du sang des personnes homosexuelles, car «ça ne fait pas perdre beaucoup de dons et ça sécurise pour le receveur», assure le docteur.

Le reportage de Carré d’info:

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