C’est donc Pekka Haavisto (ci-contre), candidat écologiste, ouvertement gay, qui affrontera Sauli Niinistö lors du second tour de l’élection présidentielle finlandaise prévu pour le 5 février.

Pour le moment, Sauli Niinistö reste le favori dans la course à la succession de Tarja Halonen, contre laquelle il s’était déjà retrouvé au coude à coude lors de la présidentielle de 2006. Alors qu’il est crédité de 37% des suffrages, son adversaire Pekka Haavisto n’a remporté lui, que 18,8% des voix, une percée pourtant tout à fait remarquable, puisqu’un sondage ne lui en accordait que 6% mi-décembre. Les deux autres candidats en course, Paavo Väyrynen (Centre) et Timo Soini, du parti nationaliste des Vrais Finlandais, le Perussuomalaiset, tous deux eurosceptiques, ont respectivement obtenu 17,5% et 9,4% des voix.

L’écart entre les deux candidats au second tour est large, mais les reports de voix pourraient surprendre. Ainsi, Timo Soini a laissé entendre que s’il ne donnait pas de consignes de vote, lui-même pourrait choisir Pekka Haavisto. Cette remarque, sur laquelle il est rapidement revenu, a de quoi surprendre, les membres du Perussuomalaiset étant plus connus pour leurs remarques désobligeantes sur les minorités que pour leurs déclarations gay-friendly (lire aussi Le député finlandais Hakkarainen propose de parquer les LGBT et les Somaliens sur une île sur le blog E.D.H.).

En effet, même si la crise économique qui frappe de plein fouet l’Union européenne a été un des thèmes majeurs de cette campagne, Pekka Haavisto ne tient pas à laisser de côté certaines préoccupations: «Cette élection a montré que les gens étaient intéressés par d’autres sujets comme la discrimination ou les questions d’égalité», a-t-il affirmé. Au même moment, Sauli Niinistö s’est montré beaucoup moins enclin à aborder ces sujets.

[mise à jour, 7 février, 15h] Sauli Niinistö a été élu dimanche 5 février avec près de 63% des voix.

Photos Jaakko Sivonen (affiches de campagne des candidats) / Soppakanuuna (Pekka Haavisto)