Il aura fallu près de quatre ans pour que le quotidien turc Yeni Akit, devenu depuis Vakit, soit condamné pour son homophobie. La Haute Cour d’appel turque a condamné hier, lundi 9 janvier, le journal pour des insultes proférées à l’encontre des personnes homosexuelles, rapporte le site d’actualités turc Radikal. En 2008, le chroniqueur Serdar Arseven avait vivement critiqué Zafer Üskül, alors directeur de la commission parlementaire des Droits de l’homme en Turquie.

Dans un article intitulé «Üskül préfère les pervers», le journaliste reprochait à l’homme politique d’avoir assisté à un sommet international anti-homophobie organisé par Kaos GL, une association turque qui milite pour l’égalité des LGBT en Turquie. «C’est un membre de l’AKP [le parti de la Justice et du Développement] qui cautionne les travestis», pouvait-on lire dans le quotidien. Histoire de bien enfoncer le clou, Serdar Arseven n’a eu de cesse de souligner dans le cours de l’article «qu’Üskül a assisté à une réunion avec des pervers sexuels! Un rassemblement de [gays]».

L’association Kaos GL a porté plainte contre le journal et le chroniqueur pour ces propos insultants. Deux tribunaux ont toutefois considéré qu’il n’y avait pas de raison de s’en prendre au quotidien. Selon ces juges, Yeni Akit est en droit de considérer que les homosexuels sont des «pervers» puisque le quotidien «reste dans les limites de la critique». Un point de vue qu’a contesté la Haute Cour d’appel: «La liberté de la presse n’implique pas la liberté d’insulter les libertés personnelles des individus», a-t-elle indiqué dans son arrêt. Le journal a été condamné à payer 4000 lires turques (soit près de 1600 euros) à l’association plaignante, tandis que le chroniqueur a écopé de la même sanction, divisée par deux.

Via Cat.