Benoît XVI est un pape qui réserve toujours une place aux LGBT dans ses déclarations. En 2008, il s’était élevé contre la «théorie du gender» lors de son discours de Noël à la Curie. Cette fois, le souverain pontife s’en est pris aux États qui ont accordé davantage de droits aux homos ou qui réfléchissent à le faire. S’exprimant lundi 9 janvier dans le cadre de son traditionnel discours des voeux au corps diplomatique, Benoît XVI a prononcé une diatribe qui restera certainement dans les mémoires comme l’un des plus anti-homos des discours papaux.

FAVORISER UNE POLITIQUE FAMILIALE CHRÉTIENNE
Devant les 80 ambassadeurs et ambassadrices accrédité-e-s auprès du Vatican, Benoît XVI a d’abord insisté sur l’importance d’éduquer les nouvelles générations selon les préceptes de l’Église. «Parmi ceux-ci figure en premier la famille, fondée sur le mariage d’un homme avec une femme. Il ne s’agit pas d’une simple convention sociale, mais bien de la cellule fondamentale de toute société», a martelé le souverain pontife.

Benoît XVI a ensuite exhorté les gouvernements à favoriser une politique familiale chrétienne, déplorant que des pays ouvrent le mariage et l’adoption aux homos: «les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité. Le cadre familial est fondamental dans le parcours éducatif et pour le développement même des individus et des États; en conséquence il faut des politiques qui le valorisent et qui aident à la cohésion sociale et au dialogue».

«OBSESSION» SUR LA QUESTION DU «GENRE»
Un discours qui sonne comme un rappel à l’ordre des pays menant une politique trop gay-friendly aux yeux du Vatican. Ou de nations jusqu’à présent alliées qui s’interrogent sérieusement sur le sujet. À l’instar de l’Argentine, du Chili ou de l’Italie.

Ces propos du pape restent toutefois dans le droite ligne de la doctrine vaticane. Benoît XVI n’a eu de cesse de mener une défense acharnée de l’institution familiale traditionnelle tout en dénigrant les homos depuis le début de son pontificat, en 2005. La question de l’homosexualité prend une place croissante dans la rhétorique du Saint-Siège. À tel point qu’un diplomate accrédité, cité La Croix, qui affirme pourtant traiter avec la Curie «de sujets les plus divers», déplore par ailleurs une «obsession» de ses homologues du Vatican sur la question du «genre»  et sur «la santé reproductive».

Photo Janusz S