MBEDE ROGER JEAN CLAUDE - Me Alice NKOM - KONDENGUI - 02-08-2011Selon une information de l’Association de défense de l’homosexualité (Adefho), présidée par l’avocate Alice Nkom, quatre homosexuels présumés auraient été interpellés «à leur domicile sur dénonciation d’un individu et mis en garde à vue depuis le 28 décembre dernier au Commissariat central de Kumba, ville située dans la région du sud-ouest du Cameroun».

Ces arrestations viennent s’ajouter à de nombreuses autres ces derniers mois au Cameroun. À Yaoundé, sept hommes sont actuellement détenus pour «homosexualité». Le 3 janvier, Stéphane Koche, vice-président de l’Adefho, faisait suivre de leur part le message de vœux suivant:

«Vous nous avez accompagnés avec beaucoup de tristesse c’est vrai, mais surtout avec beaucoup de gentillesse, d’amour et de détermination tout au long de cette année. Nous vous exhortons à ne jamais céder au découragement et à ne jamais vous faiblir dans votre mobilisation pour nous et pour la cause LGBT, car votre soutien représente pour les LGBT du Cameroun en général, et pour nous en particulier qui sommes en prison… l’Espoir. L’espoir de sortir un jour de cette prison dans laquelle nous avons été jetés, mais aussi l’espoir qu’un jour les LGBT pourront marcher en toute liberté au Cameroun, la tête haute… Sans humiliation. Nous vous présentons, du plus profond de notre cœur, tous nos vœux de bonheur et que l’année à venir soit pleine de promesses et de succès. Soyez heureux et en bonne santé. Bonne année 2012.»

Ce message est signé Jean Claude Roger Mbédé (en photo avec Alice Nkom), Jonas Singha, Frankie (ou Franky) Ndome Ndome, Joseph Magloire Onbwa, Emma Tiomela Lontsie, Nicolas Ntamack et Séraphin Ntsama.

Ce dernier, détenu depuis le mois d’août, se trouve «dans un état de santé très préoccupant», s’inquiète l’association, et n’aurait reçu aucun «soin de santé des autorités pénitentiaires depuis le début de sa maladie». «Malgré toutes nos démarches et insistances auprès de ces derniers pour sa prise en charge médicale, rien n’a changé», précise l’Adefho. Frankie et Jonas souffriraient également de la gale «du fait des conditions de détention insalubres».

Le ministère de la Justice étudie actuellement une réforme du Code pénal qui pourraient encore aggraver les peines encourues pour relations sexuelles entre personnes de même sexe.

Photo Adefho

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