Ce n’est pas la première fois qu’il est sollicité, mais cette année, Louis-Georges Tin s’est laissé convaincre: il a accepté qu’une campagne soit lancée afin que son nom soit proposé pour le prix Nobel de la paix.

Décerné depuis 1901, le Nobel de la paix récompense «la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix». Pour Ricardo Vita, à l’initiative de cette campagne avec Yannick Meyo, le militant LGBT remplit pleinement ces conditions. «Je connais Louis-Georges Tin depuis des années, explique-t-il à Yagg. J’ai suivi avec admiration ses combats, son obstination, son courage, et ses réussites impressionnantes: à l’ONU, à l’OMS, à l’Unesco, à l’OIT. Il a pris des risques énormes en Russie, en Ouganda, et ailleurs. Il a créé une initiative, la Journée Idaho, qui a été célébrée dans plus de 100 pays l’an dernier, et qui a touché plus de 200 millions de personnes à travers le monde. Et tout cela, en quelques années seulement! Je ne suis pas homosexuel moi-même, mais je trouve ce parcours proprement incroyable!»

«UNE NOUVELLE ÉTAPE»
À ce parcours, Ricardo Vita ajoute l’engagement de Louis-Georges Tin «sur tous les autres fronts de l’anti-discrimination», notamment «l’idée du mouvement des noirs de France, le Cran, dont il est actuellement le président», le think tank République et Diversité (Ricardo Vita et Yannick Meyo sont membres du bureau), le Séminaire international de la Diversité organisé le 13 juillet dernier à l’Assemblée nationale… «Tout cela mérite à mon avis une véritable récompense internationale, souligne Ricardo Vita. Du reste, ces dernières années, Louis-Georges Tin en a déjà reçu plusieurs, à Berlin, à Moscou, à Minsk, à Stockholm. En ce sens, ce nouveau prix, à Oslo, ne serait pas une première dans sa carrière. Ce ne serait pas non plus un couronnement et une fin, ce serait plutôt une nouvelle étape, permettant de renforcer encore plus le combat qu’il mène pour la diversité et l’égalité dans le monde».

C’est l’un des arguments qui ont poussé Louis-Georges Tin à accepter la proposition. «Un prix Nobel donné à quelqu’un est un prix Nobel donné à une cause», a-t-il précisé, interrogé par Yagg, tout en admettant qu’il ne se rend «pas bien compte de ce que cela peut représenter».

«LE MOMENT RÊVÉ»
Pour Ricardo Vita, en revanche, les choses sont très claires: «Son bilan, ses engagements, les valeurs qu’il porte, tout cela parle pour lui. Par ailleurs, le prix Nobel n’a jamais été décerné à un militant homosexuel. Je crois sérieusement que cette candidature peut aboutir. Sinon, je ne m’y impliquerais pas autant. Le jury du Nobel est ouvert aux questions LGBT et à la diversité en général, mais n’a jamais eu l’occasion de récompenser un militant dans ce domaine des questions LGBT, car personne, jusqu’alors, ne sortait vraiment du lot. Or, chose nouvelle, il y a là un candidat d’envergure internationale, qui a eu des réussites institutionnelles incontestables,mais qui a aussi pris des risques sur le terrain, deux choses très appréciées par le jury d’Oslo».

Cerise sur le gâteau, remarque Ricardo Vita, «Louis-Georges Tin a un profil très international lui-même: originaire des Amériques, français et donc européen, il cherche à changer le regard sur les afro-descendants. À l’heure où il se bat pour qu’une résolution soit votée aux Nations Unies pour une dépénalisation universelle de l’homosexualité, le jury pourrait y voir le moment rêvé pour s’engager dans ce domaine. Je crois donc que Louis-George Tin est un candidat qui des chances très sérieuses pour le prix Nobel de la paix 2012».

Photo Yagg

Via E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros