Violent en ménage, alcoolique et honteux. C’est le portrait peu flatteur que dresse de l’ancien président américain Richard Nixon (1913-1994) une biographie à paraître fin janvier. Dans Nixon’s Darkest Secrets (Les secrets les plus noirs de Nixon), Don Fulsom, ancien correspondant d’United Press International à la Maison Blanche, s’est tout particulièrement penché sur la relation entre le président et l’un de ses amis les plus intimes, Charles Gregory Rebozo.

Lorsqu’il accède à la présidence pour la première fois en 1968, Nixon cultive déjà depuis les années 50 son amitié avec Rebozo, dit «Bebe» pour les intimes, un banquier cubain de Miami, célèbre pour son physique de playboy. Par ses liens étroits avec les milieux d’affaires et la mafia, Rebozo a su se rendre indispensable au président. Mais la relation d’amitié entre les deux hommes aurait pris un tour plus intime, selon Dan Folsum.

À tel point que Nixon et Rebozo partageaient un bungalow lors de leurs vacances en Floride. Les deux hommes auraient également été aperçus échangeant des gestes équivoques à maintes reprises. Ils auraient même été surpris se tenant la main sous la table d’un dîner officiel. Scandale à la Maison Blanche. Autre révélation croustillante, Pat, la propre femme de Nixon, n’avait pas sa place dans cette histoire, à en croire le biographe. Complètement délaissée, la «First Lady» aurait été violentée par son mari, surtout quand celui-ci avait un coup dans le nez. C’est elle qui aurait alimenté les racontars en se répandant sur «l’homosexualité réprimée de son mari».

Certaines des informations apportées par Dan Fulsom ont déjà été abordées dans d’autres ouvrages sans que les biographes en concluent que Nixon était nécessairement un gay refoulé, comme le rapporte le site Slate. «Ils se tenaient occasionnellement la main, et les deux avaient des problèmes à avoir des relations sexuelles avec les femmes, mais nous n’avons pas trouvé de preuves selon lesquelles Nixon aurait été un homosexuel actif», indique ainsi Anthony Summers, dans The Arrogance of Power: The Secrey World of Richard Nixon.

La relation entre Rebozo et son ami président ne ferait pas autant de bruit si Nixon lui-même n’avait pas fait preuve d’homophobie, selon le site LGBT américain Queerty. En apprenant que l’un de ses proches adjoints avait été pris dans les toilettes avec un officier de la marine américaine, Nixon n’aurait pas trouvé mieux que de le qualifier de «malade» et de préciser que de telles personnes «ne peuvent être placées à des positions de telle importance». La preuve que si?

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