«Les avancées dans la recherche contre le sida, c’est ce qui m’a frappé cette année. Il y a de nouveaux traitements, plus efficaces, même s’il ne faut pas oublier qu’on meurt encore de la maladie».

Le champion sportif Sébastien Loeb, qui s’exprimait dans le Journal du dimanche sur ce qui l’a marqué cette année, a raison. Trente ans après le début de l’épidémie, les séropositifs, lorsqu’ils sont traités efficacement, ont une espérance de vie aussi longue que les séronégatifs.

BAISSE DES CONTAMINATIONS ET DES DÉCÈS
C’est la bonne nouvelle de l’année au plan international: en 2010, selon les chiffres de l’Onusida, on a assisté à une forte baisse des décès et des infections liés au sida. Grâce en grande partie à l’utilisation des antirétroviraux plus accessibles et qui limitent la transmission et permettent de vivre plus longtemps.

EFFET PRÉVENTIF DU TRAITEMENT
Les traitements – plusieurs études l’ont montré encore cette année – ont aussi un effet préventif, dans les couples hétérosexuels, mais aussi chez les gays.

En France, les associations sont montées au créneau sur deux dossiers importants: le droit au séjour pour soins, remis en cause par le Parlement, mais qui reste maintenu grâce à une circulaire d’application jugée satisfaisante, et l’accès précoce aux médicaments innovants. Elles ont réussi dans les deux cas à limiter la casse, même s’il faudra dans l’avenir rester très vigilant.

BAISSE DES SUBVENTIONS
Les plus grosses structures, notamment Aides et le Sneg, ont vu leurs subventions baisser cette année. Une première que l’on doit à Xavier Bertrand, quelques semaines après l’enquête à charge du Parisien sur les comptes de l’association Aides.

UNE SITUATION PRÉOCCUPANTE CHEZ LES GAYS
Si l’année qui s’achève a eu son lot de bonnes nouvelles, on aurait tort de se réjouir trop vite. Les chiffres des contaminations chez les gays sont toujours aussi inquiétants. Il y a en Ile-de-France 80 fois plus de contaminations chez les gays que chez les hétérosexuels.

Faut-il alors faire peur pour faire passer le message préventif? Oui, répond la ville de New York avec ce clip sur les effets secondaires.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur ‪Spot prévention VIH à New York‬

L’ACCUEIL DES SÉROPOSITIFS REMIS EN CAUSE
Plus localement, 2011 a aussi été marqué par la fin du Café Lunettes Rouges au Centre LGBT Paris-IdF. Ou comment un affrontement entre deux personnalités irréconciliables, Christine Le Doaré et Didier Dubois-Laumé, a provoqué la fin de l’accueil des séropositifs au Centre.

Le sida et les maladies qui lui sont associées continuent de tuer. Ici et ailleurs: Gérald Sanchez, militant de longue date, expert de la coinfection, est mort le 7 février 2011.

Enfin, la bourde de l’année, on la doit à la secrétaire d’État à la Santé, Nora Berra, qui lors des débats sur la bioéthique au Sénat, a lancé cette phrase: «L’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH». Tollé immédiat et rétropédalage de la responsable, qui depuis a bien du mal à faire oublier ce désastreux faux-pas. Comme me le disait un ami, Nora Berra qu’on n’avait pas entendue avant cette sortie, aura avec cette phrase réussi à se faire connaître et détester en même temps.

ET EN 2012?
En 2012, Washington accueillera la conférence mondiale sur le sida. Une première depuis plus de 20 ans, rendue possible par l’abandon de l’interdiction de séjour pour les séropositifs sur le territoire américain. Une promesse tenue par Barack Obama. En France, la période électorale qui s’ouvre sera l’occasion de faire entendre les revendications des associations. Malgré la crise, malgré le chômage et les difficultés financières, espérons que la lutte contre l’épidémie ne sera pas oubliée.