En France, on meurt moins du sida mais on en meurt encore. Et lors des opérations funéraires, certaines pathologies interdisent la pratique de soins conservatoires. Il s’agit en particulier des hépatites B et C, de la maladie de Creutzfeld-Jakob et de l’infection par le VIH.

PRÉCAUTIONS UNIVERSELLES
Le gouvernement s’apprête à publier un arrêté pour maintenir cette interdiction. Le Haut Conseil de la santé publique justifie cette interdiction par le fait que les règles d’hygiène ne seraient pas toujours respectées par les thanatopracteurs. Mais le Conseil national du sida (CNS) dans son dernier communiqué du 20 décembre, «considère, au contraire, qu’aucun argument scientifique ne peut justifier une interdiction fondée sur le statut sérologique avéré ou supposé de la personne défunte, dès lors que des précautions universelles sont suivies. Ces précautions se révèlent particulièrement nécessaires en matière d’opérations funéraires car tout corps de personne décédée doit être traité comme une source de contamination potentielle. Promues dans les années 1980 sous l’impulsion de l’Organisation mondiale de la santé, outil décisif de la lutte contre le sida et de la défense des droits des personnes vivant avec le VIH, les précautions universelles doivent être généralisées».

Toutes les associations de lutte contre le sida sont opposées à cette interdiction et elles ont saisi le ministre de la Santé dans une lettre ouverte cet automne. Le CNS demande donc au ministre de la Santé de reporter la révision de l’arrêté et souhaite rencontrer très rapidement les professionnels des opérations funéraires pour voir ensemble les conditions dans lesquelles ils exercent.

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