La réalisatrice Céline Sciamma (Tomboy) et le conseiller régional d’Ile-de-France (apparenté PS) Jean-Luc Romero (auteur du livre Homopoliticus) ont été élu-e-s lesbienne et gay de l’année 2011 par les yaggeuses et les yaggeurs.

C’est le résultat de notre sondage mis en ligne du 13 au 20 décembre dans lequel les internautes étaient invité-e-s à exprimer leur choix à partir d’une liste – concoctée par la rédaction – de 11 lesbiennes et de 11 gays ayant fait l’actualité cette année.

Voici les résultats complets:

Lesbienne de l’année 2011
Céline Sciamma (33% des votes)
Caroline Mécary (26%)
Muriel Robin (9%)
Catherine Tripon (7%)
Juliette (6%)
Émilie Jouvet (5%)
Chloé Avrillon (4%)
Marie Paule Belle (4%)
Stéphanie Nicot et Elise, les mariées de Nancy (2%)
Sophie et Sarah, les mariées de Montreuil (2%)
Laure Charpentier (2%)
Nombre de votes: 2564 (un seul vote possible par adresse IP)

Gay de l’année 2011
Jean-Luc Romero (21%)
Bruno Wiel (18%)
Bruno Julliard (11%)
Dave (10%)
Franck Riester (10%)
Guillaume et Patrick, les mariés de Cabestany (8%)
Christophe Honoré (7%)
François Sagat (6%)
Ian Brossat (4%)
Gaël Morel (3%)
Stéphane Foenkinos (2%)
Nombre de votes: 2582 (un seul vote possible par adresse IP)

Céline Sciamma et Jean-Luc Romero succèdent à Océanerosemarie (alias La lesbienne invisible) et Yoann Lemaire en 2010 et à Amélie Mauresmo et Alexandre Marcel en 2009.

Yagg a recueilli les impressions des deux lauréats, suite à ce vote.

Céline Sciamma, une réaction? Honorée et surprise. Ravie de succéder à la talentueuse Océanerosemarie. Il est bon de constater qu’après avoir été, non sans douleur, la lesbienne de la classe, la lesbienne de l’équipe, la lesbienne de l’immeuble, je suis à présent ravie d’être la lesbienne de l’année. Je voudrais dire aussi toute mon admiration à Caroline Mécary [qui est arrivée 2e du classement final].

Votre meilleur souvenir de 2011?
Le jour de la sortie de Tomboy quand j’ai compris que le film allait rencontrer un public large.

La chose importante que vous allez faire en 2012?
Me mettre à écrire le prochain, j’espère. J’aimerais écrire une série télé. Sans abandonner le cinéma.

Jean-Luc Romero, une réaction? Cela me fait plaisir, d’autant plus que cette année il y a une sélection de personnes qui ont fait avancer les choses. Que ce soit Bruno Wiel, mais aussi Bruno Julliard, Franck Riester et Ian Brossat qui, grâce à leur coming-out, ont contribué à faire tomber les tabous dans la classe politique. Au-delà d’être un élu gay, c’est peut-être aussi le combat contre le sida qui est mis en avant par ce vote [Jean-Luc Romero est président d’Élus locaux contre le sida et du Crips Ile-de-France]. J’ai souvent le sentiment que malheureusement la lutte contre le sida n’intéresse plus grand-monde dans la communauté gay. En me consacrant, c’est peut-être quelque part un hommage à tous ces gays, jeunes et moins jeunes, qui vivent avec le VIH et qui ne peuvent pas le dire.

Votre meilleur souvenir de 2011? J’ai été plutôt agréablement surpris de voir qu’au sein du Parti socialiste les questions LGBT ne posaient quasiment plus de problème. Benoît Hamon [le porte-parole du PS] m’a confié que les propositions du PS sur le mariage, l’adoption, etc. n’avaient soulevé aucune critique en interne alors qu’il y a quelques années ce n’était pas tout à fait le cas.

La chose importante que vous allez faire en 2012? Je vais continuer à me battre pour mes causes, dans le cadre de la présidentielle et des législatives. La lutte contre le sida, qui n’est plus une question de santé publique, il faut que les politiques l’intègrent dans leur campagne. L’euthanasie également [Jean-Luc Romero est président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité]: j’ai réservé le 24 mars prochain le Cirque d’Hiver pour interpeller les candidats sur cette question. Enfin, 2012 doit être l’année de l’égalité des droits. Après mon livre Homopoliticus, j’ai un projet de documentaire…

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