Un goût d’inachevé. Alors que quelques minutes auparavant, Alain Juppé avait remis le Prix des droits de l’Homme à deux associations œuvrant pour les droits des LGBT, à aucun moment dans son discours, le mot n’a été prononcé. Preuve que si la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) avait fait un choix jugé courageux, la visibilité des gays, des lesbiennes, des bi et des trans’ a encore du chemin à faire.

C’était la première fois que la CNCDH fait le choix de récompenser des associations lesbiennes, gays, bi et trans’. Une décision qui selon son président, Yves Repiquet, interviewé par Yagg, va dans le sens de l’histoire.

Le 10 décembre dernier, le jury a distingué deux lauréats :

– L’association ANPPCAN (African network for the protection of women and child from abuse and neglect) pour son projet de promotion des droits de la jeunesse homosexuelle du Malawi et de sensibilisation de la société afin de prévenir les comportements homophobes et faire avancer l’idée qu’être homosexuel n’est pas «anormal».

– L’association Aireana du Paraguay pour la promotion des droits des lesbiennes et l’originalité de sa lutte contre les discriminations dont elles sont victimes qui a choisi pour support des ateliers de théâtre.

Dans notre reportage, nous avons demandé à Ken Willliams Mhango de l’ANPPCAN et Maria Posa de Aireana ce que représentait ce prix pour leur combat. De son côté, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et européennes, reconnaît devant la caméra de Yagg que la France n’est pas toujours exemplaire dans ce domaine.

La CNCDH a également décerné 5 mentions spéciales à des associations LGBT:

– La fondation NAZ en Inde, pour son action en vue de la dépénalisation de l’homosexualité;

– Les ONG Bat Kol et Havruta en Israël, pour leur projet commun de sensibilisation des autorités religieuses aux discriminations à caractère homophobe;

– L’association Gay and Lesbian Network d’Afrique du Sud pour son projet de lutte contre les violations des droits des personnes homosexuelles;

– L’association nationale de soutien aux séropositifs et malades du sida du Burundi, pour son projet de protection des droits des personnes homosexuelles;

– L’École des droits de l’Homme de France, pour son projet de sensibilisation des lycéennes et lycéens aux discriminations à caractère homophobe.

Pour le second thème récompensé cette année, la lutte contre les violences faites aux femmes, la CNCDH a distingué trois lauréats:

– L’association Acid Survivor Foundation, au Bangladesh, pour son projet qui vise à permettre aux femmes défigurées par des jets d’acide de poursuivre leur vie dans des conditions décentes;

– L’ONG Tamkeen en Jordanie, pour son projet d’assistance légale aux femmes en provenance d’Asie du Sud victimes d’esclavage domestique et placées en détention arbitraire;

– L’association APRAMP d’Espagne, pour la réinsertion des femmes prostituées victimes de proxénétisme;

La CNCDH a également décerné une mention spéciale à l’organisation non-gouvernementale Sonke gender justice network d’Afrique du Sud, pour son action de protection des femmes victimes de violences.