L’avocate Caroline Mécary, conseillère régionale Europe Écologie-Les Verts (EELV) en Ile-de-France et militante de l’égalité des droits, fait partie de l’équipe de campagne d’Eva Joly, candidate d’EELV à la présidentielle, dont la composition a été dévoilée ce jeudi 1er décembre.

Caroline Mécary, qui a pour champ d’action la lutte contre les discriminations, n’est pas la seule personnalité engagée pour les droits des LGBT à figurer dans cette équipe, puisqu’on retrouve dans ce même Conseil d’action et de proposition Pierre Serne (membre du bureau exécutif de l’Ilga-Europe), chargé des transports, ainsi qu’Emmanuelle Cosse (ancienne présidente d’Act Up-Paris), chargée du logement.

Une présence pour quoi faire? Caroline Mécary répond aux questions de Yagg.

Quelle sera votre action au sein de cette équipe de campagne? Sur tous les événements qui vont avoir trait à la lutte contre les discriminations, prises au sens large c’est-à-dire liées aussi bien à l’orientation sexuelle qu’au handicap ou encore à l’origine ethnique, mon rôle sera d’intervenir pour rendre visibles les propositions d’EELV sur la thématique en question, notamment de porter la parole de la candidate quand elle ne peut pas se déplacer, mais aussi dans les meetings, par le biais de tribunes, etc.

Les propositions d’EELV en ce qui concerne les discriminations à l’égard des homosexuel-le-s, c’est évidemment l’ouverture du mariage civil et de l’adoption à tous les couples, de même que la procréation médicalement assistée à tous les couples ainsi qu’aux femmes célibataires. C’est aussi mettre fin à la discrimination qui existe à l’égard des homosexuels masculins en ce qui concerne le don du sang.

Votre rôle sera-t-il également de faire remonter des idées du terrain? Il appartient évidemment à cette personne-charnière de faire remonter à la candidate les préoccupations des citoyen-ne-s, en l’occurrence, si on reste dans le champ de l’homosexualité, des lesbiennes, des gays et des trans’, et de voir dans quelle mesure on peut les reprendre dans le cadre d’une modification législative qui interviendrait une fois que la nouvelle assemblée nationale serait élue, si bien sûr la gauche gagne. Ce qui n’est pas encore gagné.

Sur les questions LGBT, y a-t-il des différences entre le projet d’Eva Joly et celui de François Hollande? Eva Joly portera, à la différence du PS, la volonté de ne plus interdire la transcription d’un acte de naissance d’un enfant né à l’étranger au prétexte qu’il serait né dans le cadre d’une gestation pour autrui* [cf. mise à jour en fin d’article]. Mais il est vrai que sur la question de l’ouverture du mariage et de l’adoption, le programme «commun» à EELV et au PS est parfaitement d’équerre.

Quel est votre sentiment en ce qui concerne un certain flottement chez la candidate d’EELV tel qu’il a été relaté ces dernières semaines? Eva est extrêmement déterminée. Elle fera la campagne jusqu’au bout. Je n’ai aucun doute à cet égard. Cette équipe de campagne est structurée, elle permet de balayer tous les champs. La candidate a fait appel à la fois à des gens issus de l’ancien parti des Verts, mais aussi à des personnes issues de la société civile comme moi.

Quel est le sens de votre engagement? La seule conviction politique de Nicolas Sarkozy, c’est celle de vouloir être réélu. Il a besoin de diviser, de faire peur, que chaque jour au JT on ait un fait divers épouvantable qui permette de dresser les Français les uns contre les autres. C’est un choix à courte vue qui emmène la société française droit dans le mur. C’est la raison pour laquelle je me suis engagée à EELV et aujourd’hui aux côtés d’Eva Joly parce que je pense qu’elle est porteuse d’un projet capable de rompre avec cette logique mortifère.

Photo Marie-Lan Nguyen

* [Mise à jour-2/12/11] La gestation pour autrui (GPA) n’est pas mentionnée dans le texte de l’accord PS-EELV intitulé Socialistes et écologistes, ensemble pour combattre la crise et bâtir un autre modèle de vivre ensemble, téléchargeable ici. Cependant, dans ses réponses aux questions d’Homosexualités et Socialisme (HES), le 29 septembre dernier, François Hollande indiquait: «Lorsque des enfants nés suite à une GPA légale à l’étranger reviennent en France avec leurs parents, il me semble nécessaire, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, de permettre la transcription sur les registres de l’état civil français de leur acte de naissance et de faciliter la reconnaissance du lien parent-enfant».