Monde | 28.11.2011 - 14 h 32 | 0 COMMENTAIRES
«Propagande homosexuelle»: Une campagne de lettres pour faire bouger la Cour européenne des droits de l’Homme et l’Onu
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Un collectif d'associations russes et internationales appelle à demander à la CEDH et à l'Onu de se pencher au plus vite sur le dossier des lois anti-gays en Russie.

Aux grands maux, les grands remèdes. Les pétitions en ligne ont porté à l’attention internationale le problème auquel sont confronté-e-s les activistes LGBT de Saint-Pétersbourg, où une loi est en passe d’interdire la «propagande homosexuelle» (lire Saint-Pétersbourg: La mobilisation contre la loi homophobe doit continuer).

Un collectif d’associations russes et internationales – GayRussia, Equality St. Petersburg, Radio Indigo, le forum LGBT Grani, Marriage Equality, Moscow Pride Committee, Article 282, Pride House Sochi d’une part, le tout nouveau Kaleidoscope Trust, le Comité Idaho, Gay Liberation Network, Outrage! et la Peter Tatchell Foundation d’autre part – lance aujourd’hui une campagne invitant celles et ceux qui se sentent solidaires des LGBT russes à écrire à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et aux Nations Unies.

LOIS SIMILAIRES
Des lois similaires au texte actuellement discuté au parlement de Saint-Pétersbourg sont déjà en vigueur dans les régions de Ryazan depuis 2006 et d’Arkhangelsk depuis septembre dernier.

En 2009, la CEDH et le Comité des droits de l’Homme de l’Onu ont été saisis d’une plainte contre la loi de Ryazan: deux activistes de GayRussia, Nikolai Baev (désormais président) et Irina Fedotova-Fet, avaient été arrêté-e-s pour avoir brandi une bannière proclamant que «l’homosexualité est normale» devant une école locale. La Cour constitutionnelle avait jugé la loi conforme à la Constitution. Nikolai Baev et Irina Fedotova-Fet se sont donc tourné-e-s vers la CEDH et l’Onu. «Aujourd’hui, avec ces deux affaires, il existe une possibilité de renvoyer les lois anti-gays aux oubliettes, non seulement en Russie mais dans toute l’Europe, souligne le communiqué commun des associations. Plus vite la Cour européenne des droits de l’Homme se penchera sur l’affaire Nikolai Baev c. Russie, plus vite nous obtiendrons une décision. Cette décision s’imposera à la Russie. Plus important, elle créera un précédent qui servira à Ryazan, à Arkhangelsk, en Ukraine, en Lituanie [où des propositions de lois comparables sont régulièrement évoquées, ndlr] et peut-être encore ailleurs.»

«10000 personnes peuvent faire beaucoup simplement en achetant un timbre et une enveloppe», a déclaré Nikolai Alekseev, fondateur de GayRussia. «Nous sommes fières de soutenir les courageux/ses LGBT de Russie dans leur campagne pour faire échec à ces nouvelles attaques contre les droits humains et la liberté d’expression des LGBT, a ajouté le militant britannique Peter Tatchell. Nous exhortons l’Union européenne, les Nations Unies et le Conseil de l’Europe à s’assurer que la Russie respecte les conventions des droits humains qu’elle a signées et qu’elle s’est engagée à appliquer.»

La discussion de la loi au parlement de Saint-Pétersbourg intervient en pleine campagne pour les élections législatives du 4 décembre. «S’en prendre aux LGBT est un moyen d’attirer le soutien des organisations religieuses et nationalistes», s’inquiètent les associations, qui précisent que, s’il est adopté, voire étendu à toute la Russie, le texte ne fera qu’inscrire dans la loi ce qui est déjà appliqué dans les faits. Les interdictions répétées des différentes manifestations LGBT, dont la Moscow Pride est la plus connue, vont déjà à l’encontre de la liberté d’expression et de rassemblement.

Mais au-delà de la mobilisation internationale, le collectif voit aussi dans ce combat une chance pour la communauté LGBT de mettre les querelles qui la divisent de côté et de s’unir contre ses véritables ennemis: les homophobes.

MODÈLES DE LETTRE
Le collectif propose des modèles de lettre (disponibles ici en anglais) à envoyer à la CEDH et au Comité des droits de l’Homme de l’ONU, les enjoignant à se pencher sur le dossier en priorité. Celles et ceux qui voudraient aller plus loin peuvent également saisir le ministère des Affaires étrangères de leur pays (France, Belgique, Suisse, Québec…), Catherine Ashton, vice-présidente de la Commission européenne, ou le Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland.

Photo Yury Gavrikov (manifestation du 16 novembre devant le Parlement de Saint-Pétersbourg)

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Cofondatrice et rédactrice en chef de Yagg.
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