L’Onu a décrété le 31 octobre 2011 jour du passage aux 7 milliards d’habitant-e-s sur la Terre. Les homos, combien de divisions? Difficile de répondre précisément à cette question quand dans plus du tiers des pays de la planète, l’homosexualité est toujours pénalisée et qu’il est souvent impossible pour les gays et les lesbiennes de vivre tout simplement au grand jour.

Les plus optimistes tablent souvent sur une population homosexuelle adulte de 10%. Ce qui donnerait à l’échelle de la planète plusieurs centaines de millions de Terrien-ne-s homos. Cette proportion est sans doute très loin de la réalité, si on se réfère aux études réalisées ces dernières années dans plusieurs pays développés.

EN FRANCE, 1,6% DES HOMMES ET 1% DES FEMMES
En France, l’étude de l »Inserm Contexte de la sexualité en France qui date de 2007 a montré que 4,1% des hommes et 4% des femmes de 18 à 69 ans avaient eu des pratiques homosexuelles. Mais si l’on interroge les Français sur leur vie sexuelle récente, 1% des femmes et 1,6% des hommes déclarent avoir eu une relation sexuelle avec une personne de même sexe dans les 12 mois précédent l’enquête.

Une proportion sensiblement égale à ce qu’on trouve en Amérique du Nord. Au Canada, les statistiques les plus récentes font état de 1% de la population adulte qui serait homosexuel. Aux États-Unis: 1,51% de la population américaine serait gay, lesbienne ou bisexuelle selon les estimations officielles acceptées par la plupart des associations américaines. Pour le Williams Institute de l’Université de Californie, un think tank sur l’orientation sexuelle, le nombre total de personnes LGB aux États-Unis serait de 8,8 millions.

LE RÉVOLUTIONNAIRE KINSEY
On est bien loin des chiffres du rapport Kinsey, publié dans les années 40, et qui reste un des ouvrages scientifiques les plus lus du XXe siècle. Alfred Kinsey était un chercheur qui avait révolutionné la façon d’aborder la sexualité aux États-Unis. Il avait estimé, après avoir recueilli des milliers de témoignages, que près de 10% des hommes étaient plus ou moins exclusivement homosexuels, un chiffre qui était de 1 à 3% pour les femmes.

En Grande-Bretagne, d’après les chiffres de 2010 de l’Office national de la statistique, 1,5% de la population serait homosexuelle, selon les déclarations de près de 240000 sujets de sa Majesté. Ce qui a beaucoup énervé les associations qui considéraient que c’était un chiffre bien inférieur à la réalité.

Ces quelques études ne rendent pas compte de la situation des gays et des lesbiennes dans le reste du monde. Avant de pouvoir se compter, les homosexuels doivent survivre dans des environnements homophobes. C’est le cas dans de très nombreux pays d’Afrique, du Moyen Orient, d’Asie. Plus de 80 pays continuent de pénaliser l’homosexualité.

En Inde, le deuxième pays le plus peuplé du monde avec près de 1,25 milliard d’habitant-e-s, l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 2009. En Chine (1,34 milliard d’habitant-e-s), l’homosexualité n’est pas pénalisée, mais les LGBT ont du mal à exister dans un régime qui reste très autoritaire et qui n’aime pas les différences.

Les médias ont choisi Danica May Camacho, une petite Philippine née à Manille, comme 7 milliardième habitante de la planète. Souhaitons-lui d’avoir la tâche plus facile si dans quelques années, elle annonce à sa famille qu’elle est lesbienne!